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Un "Groupe Outre-mer" à l'Assemblée nationale encore possible ?

Après la fin de non-recevoir de l'ancienne ministre des Outre-mer Éricka Bareigts, la constitution d'un "Groupe Outre-mer" à l'Assemblée nationale a-t-elle encore une chance d'aboutir ? Depuis quelques jours, cette perspective fait l'objet d'échanges multiples entre des députés des Outre-mer élus ou réélus les 17 et 18 juin 2017. Mais d'autres alternatives sont envisagées pour contourner les nombreux obstacles à sa création.
Par Jean-Philippe Ludon, François Thomas, Jean-Marc Pulvar @jpludonrci @fthomasrci
Par Jean-Philippe Ludon, François Thomas, Jean-Marc Pulvar @jpludonrci @fthomasrci
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L'Assemblée Nationale
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L'idée n'est pas nouvelle. C'est un vieux rêve de parlementaires d'aboutir à la création d'un "Groupe Outre-mer"  à l'Assemblée nationale. Or, depuis la constitution de la nouvelle assemblée issue des législatives de juin 2017 et la recomposition des rapports de force qui s'en est suivie, cette idée agite le landerneau politique ultramarin.

Député de Guadeloupe sous la bannière de La République en Marche, Olivier Serva, qui en avait esquissé l'idée durant sa campagne, est revenu à la charge à peine élu. Convaincu qu'il faut aller plus loin que la délégation outre-mer ou que l'intergroupe parlementaire.

Tout simplement en constituant un groupe de 15 députés, au moins, adhérant à une charte où la liberté de vote et la garantie de la défense des intérêts des Outre-mer seraient reconnues.

Éricka Bareigts, une voie discordante

Sauf que malgré l'accueil positif qu'il aurait reçu de certains députés, d'autres n'y sont pas favorables. C'est le cas de l'ex-ministre des Outre-mer, députée socialiste réélue à la Réunion, Éricka Bareigts.

Elle s'est montrée très réservée voire contre. Pas convaincue par les arguments avancés, Mme Bareigts redoute elle qu'en "isolant un groupe, on reste parler qu'entre nous" et "qu'il n'y a plus aucune raison que les "hexagonaux" viennent nous écouter si on ne participe pas au débat national (...)".

Elle plaide plutôt pour son idée de "la France océanique" en "étant très présent à l'Assemblée nationale sur beaucoup de textes, même sur tous les textes et avoir l'approche océanique sur les problématiques nationales (...).

D'autres parlementaires sont également assez réticents quant à la constitution d'un tel groupe. D'abord parce qu'il n'y a pas une homogénéité de visions entre eux sur les Outre-mer. Ensuite, parce que les enjeux diffèrent en fonction des territoires. Et de surcroît, il n'est pas sûr qu'une telle initiative soit conforme au règlement intérieur de l'Assemblée nationale. 

Les groupes fondés sur la base d'intérêts particuliers, professionnels, locaux, voire de considérations de nature ethnique, sont interdits.

Mis à jour le 22/06/17 à 18:20 : Un argument développé par le sénateur Serge Larcher dans une récente tribune intitulée : Un groupe de l'outre-mer ? Ne tournons pas le dos à la République ! (A lire dans le fichier en bas de page). Il s'agit, selon le sénateur de Martinique, d'une fausse bonne idée. Il pointe du doigt "les risques de ghettoïsation des outre-mer qu'elle recèle."

Des obstacles à lever et de nouvelles pistes esquissées

Reste que pour contourner ces obstacles un certain nombre de pistes ont émergé des discussions des derniers jours. Et par exemple, pourquoi ne pas s'appuyer sur des notions déjà prises en compte dans le cadre européen, à l'instar des RUP ? Certains souhaiteraient présenter ce groupe comme celui des régions périphériques éloignées géographiquement de Paris. Comme celui des régions françaises à handicaps structurels et permanents. Une idée, semble-t-il, partagée par des élus corses qui se sont rapprochés de leurs homologues antillais notamment.

Et cela va même plus loin si l'on en croit les récents propos d'un nouveau député indépendantiste de Polynésie à RMC. Favorable à la création d'un groupe parlementaire, Moetai Brotherson a déclaré être en discussions "avec nos amis corses, avec d'autres...des députés martiniquais, des députés qui sont pas forcément indépendantistes ou nationalistes ou souverainistes, mais qui partagent la même vision d'une République un peu moins jacobine".

Enfin parmi les pistes sorties des discussions en cours, la constitution d’un groupe avec les Radicaux de Gauche qui serait proche (apparenté ?) à La République en Marche (REM)  ou encore d'un groupe de socialistes progressistes ouvert aux orientations de REM auquel adhéreraient des députés d’outre-mer sur la même longueur d’ondes.

Qu'en sortira-t-il au final  ? On sera fixé dans les tous prochains pour savoir si nos parlementaires en restent au stade des velléités ou si leur rêve de constituer un groupe ultramarin se concrétise.

L'enjeu, au delà des questions de fond, faut-il le souligner, est d'avoir, avec un groupe d'au moins quinze députés, une plus grande visibilité, davantage de temps de paroles et des moyens financiers substantiels.

Olivier Serva, député REM et sa suppléante
    Olivier Serva, député de Guadeloupe et sa suppléante Marlène Miraculeux Bourgeois                                                              ©fthomasrci

 

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