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Un Guadeloupéen raconte la crise institutionnelle catalane

Installé depuis 2005 à Barcelone, Teddy Fonds est un témoin privilégié de la crise qui secoue la Catalogne. Ce père de famille guadeloupéen rend compte de la situation de son point vue.
Par Karl Lorand et Hanna Roseau
Par Karl Lorand et Hanna Roseau
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Une partie de la population catalane réclame l'indépendance de la région depuis plusieurs années. ©Wikimédia Commons

Le bras de fer entre Madrid et Carles Puigdemont se poursuit. Samedi (28 octobre 2017) , malgré sa destitution par le gouvernement espagnol, le leader indépendantiste catalan a appelé ses concitoyens à mener « une opposition démocratique » à la prise de contrôle directe de la Catalogne par Madrid.

Une situation que vivent certains antillais installés là bas qui ont tous constaté une grande crispation chez les habitants. Pour beaucoup, la Catalogne est dans son droit et nombreux sont ceux qui pointent du doigt l'attitude du Gouvernement espagnol, d'avantage dans la répression que dans le dialogue.

Teddy Fonds, un Guadeloupéen, marié à une Espagnole et père de trois enfants observe attentivement les événements qui secouent la région. "Personnellement après tout ça d'années, je suis très sensible au fait catalan. Ils ont une culture très forte ici qui va plus loin que le folklore. Même au niveau de la télévision publique ils font beaucoup d'informations sur leur propre culture. Et c'est là que j'ai fait le lien en tant que Guadeloupéen même si je vis à l'étranger. C'est un droit qu'ils ont de s'exprimer. De la même façon que les Guadeloupéens et les Antillais on a une culture propre et que c'est important de la revendiquer", commente le père de famille.

Au sein de la petite communauté d'Antillais installés à Barcelone, la répression policière du gouvernement central espagnol a fait basculer les avis du côté des indépendantistes. "Certains reconnaissent ce côté identitaire. Ils prennent la cause des Catalans surtout parce que le gouvernement espagnol a envoyé la police. Je crois que ça a influencé leur vision de la situation. Pour eux il faut changer la façon de faire. Moi j'ai 40 ans et j'ai toujours été très au fait des évènnements de notre histoire notamment les 1967. Il y a eu de la répression. Et puis il y a aussi cette mouvance de gens qui se reconnaissent Guadeloupéens avant d'être Français. C'est important le droit au peuple de s'autodéterminer", analyse Teddy Fonds.

Pour le moment, il n'envisage pas de déménager d'autant plus que ses enfants parlent catalan et espagnol. Pourtant la crispation est palpable dans la région autonome. "Je sens beaucoup de crispation. Je sens beaucoup de gens diviser par rapport à ce sujet. Mais c'est latent depuis plusieurs années. Il y a toute une frange de la population qui ne se reconnait pas comme espagnole. Les gens sont nerveux, ils sont aussi déçus de l'attitude du gouvernement espagnol et du gouvernement local. Ce que les gens veulent c'est surtout de vivre en paix et tranquillement. Mais vu comment les choses ont été menées des deux côtés, les gens craignent un peu pour l'avenir proche", raconte Teddy Fonds.

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