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Quelle est la place de la sexualité dans les couples en Guadeloupe ?

Triolisme, échangisme, sodomie, partenaires multiples, sado-masochisme, ou plus sobrement l’usage de sex-toys en couple ou seul(e) et les dépenses consacrées à la lingerie fine. Les guadeloupéens et guadeloupéennes se lâchent de plus en plus. C’est le constat dressé par la rédaction de RCI-Guadeloupe, à l’occasion de la St-Valentin, à la lumière d’une série de reportage et d’un long entretien avec la sexologue Diane Alot-Nolar. Mais que l’on soit très libres ou au contraire très conventionnels au lit, sensualité, romantisme et respect de l’autre sont autant d’éléments clés d’une sexualité épanouie.
Par Thierry Fundéré
Par Thierry Fundéré
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Les guadeloupéens et la sexualité
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Les guadeloupéens et la sexualité

Quelle place la sexualité occupe-t-elle au sein des couples guadeloupéens ou des personnes en relation suivie ? Quid également du rapport des guadeloupéens et guadeloupéennes à leur sexualité en 2018 ? C’est pour tenter de répondre à ces questions que la rédaction de RCI-Guadeloupe a initié un dossier sur trois jours, en guise de préliminaires avant la fête des amoureux. Il en ressort plusieurs tendances croustillantes mais guère surprenantes. Comme cette propension des couples ou hommes/femmes à être attirés par certaines pratiques comme l’échangisme, le triolisme, le candaulisme et dans une moindre mesure le sadomasochisme, pour répondre à une curiosité, certains fantasmes, pour explorer de nouvelles sensations et combattre la routine.

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La sexologue Diane Alot-Nolar

Ne pas se risquer à aller trop loin

La sexologue Diane Alot-Nolar met en garde néanmoins sur ces pratiques, « il ne faut surtout pas contraindre, forcer ou obliger son ou sa partenaire. Tout cela doit être librement consenti. On ne doit pas non plus accepter pour faire plaisir à l’autre. Le risque est de mettre en péril l’intégrité physique et émotionnelle de l’autre » explique-t-elle, prenant l’exemple d’une femme qui a particulièrement mal vécue une expérience échangiste acceptée pour faire plaisir à son compagnon.

La pratique de la sodomie grande tendance du moment

Autre élément de nature à confirmer l’évolution des mentalités en matière de sexualité en Guadeloupe, la fréquentation exponentielle des magasins coquins (erotic store), singulièrement ceux de Jarry. On peut même parler de révolution sur les 8 dernières années, à en croire Natasha Audrain, la responsable de la boutique chic et glamour « Désir Sucré ». Les guadeloupéens et guadeloupéennes y viennent seuls ou en couple, de la vingtaine à la cinquantaine, voire un âge plus avancé. Une tendance très nette semble se dégager actuellement : les achats de produits ou accessoires visant à faciliter la pratique de la sodomie (lubrifiants, spray anti-douleur, plugs, poppers).

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Le Womanizer super star !

Gros succès également pour les huiles ou bougies de massage, les petites pilules pour la performance de ces messieurs, sans oublier la lingerie coquine et affriolante de ces dames. En matière de petits jouets, c’est le Womanizer qui explose les ventes « on me le demande constamment, c’est le produit qui cartonne, je le conseille à toutes les femmes, c’est un appareil qui aspire le clito ça envoie un flux d’air et l’orgasme est garanti en 3mn. C’est génial. C’est le sex-toy à avoir » précise encore Natasha Audrain de la boutique « Désir Sucré » à Jarry, avant d’ajouter qu’au rang des bonnes ventes du moment, « il y a aussi, tout ce qui est appareil à distance (œufs et strings vibrants) ça crée du jeu dans le couple, au restaurant par exemple ou encore au cinéma, on peut s’amuser à se faire vibrer ensemble. Sans oublier l’effet marketing 50 nuances de Grey suggérant l’achat de kits de retenue et de bondage érotique qui transforme votre lit en terrain de jeu (menottes, plumeau cordes, fouet à lanières, masque pour les yeux, pinces tétons…) »

 

Les femmes plus libres…

Il ne fait aucun doute désormais, selon la sexologue Diane Alot-Nolar que la sexualité occupe désormais une place très importante dans les couples et les relations. « Les femmes ont acquis une liberté sexuelle qui leur permet de s’abandonner avec leur partenaire lors des rapports. Elles ont compris qu’elles avaient droit au plaisir. Elles sont davantage capables de manifester ou d’exprimer leur désir, en initiant le rapport et/ou en étant partie prenante dans la sexualité » indique la sexothérapeute-clinicienne. Pour autant, ajoute-t-elle « il convient de nuancer cette appréciation car si pour certains couples la sexualité est fondamentale et constitue même le ciment de la relation ; pour d’autres à contrario, ce n’est pas l’essentiel, mais davantage les valeurs partagées et les projets communs ».

Les hommes obnubilés par la performance

Interrogée sur ce que recherchent ses clientes lorsque ces dernières poussent la porte de sa boutique coquine, Natasha Audrain nous répond que « les femmes viennent par curiosité pour voir ce qui se fait, elles osent faire la démarche pour développer leur sexualité, pour ne pas se contenter d’avoir un rapport sexuel classique, mais vraiment pour la recherche d’orgasmes et de sensations. Je fais en sorte de les mettre à l’aise, de les guider, de les inciter à se découvrir…on va dire, plus profondément… ». S’agissant des hommes poursuit-elle « c’est systématique, c’est la performance, c’est être plus endurant, c’est être toujours au top. Ils se mettent énormément de pression. Mais il faut reconnaitre quand même, qu’ils sont de plus en plus soucieux de faire plaisir à leur femme à travers les massages ou les jeux ; ils sont attentionnés envers leur partenaire » conclue-t-elle.

 

Du bon usage de la sensualité et de la communication dans le couple

Quoi qu’il en soit, la communication demeure l’élément clé d’une sexualité épanouie au sein du couple ou dans une relation, en plus de cultiver la sensualité. L’occasion pour la sexologue Diane Alot-Nolar de rappeler que dans le mot sensualité, il y a le préfixe sens, qui suggère de faire intervenir nos cinq sens (la vue, l’ouïe, le gout, le toucher et l’odorat). « Prenons l’exemple de l’ouïe, c’est le fait d’entendre des mots doux, coquins, plus évocateurs. Cela fait grimper notre désir et notre excitation, galoper notre imaginaire… le toucher, c’est le fait de caresser le corps de l’autre, pas uniquement avec les mains, ça peut être avec nos, le bout de nos seins ou encore nos pieds. La sensualité permet d’enrichir la sexualité, de découvrir aussi nos zones érogènes (ventre, bas du dos, entre-cuisse, nuque) qui ne se limitent pas au pénis et à la vulve ». Il y a lieu enfin de souligner l’importance de la lingerie aussi bien pour les femmes que pour les hommes comme puissant vecteur de séduction.

 

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