Contesté, le conseil électoral d'Haïti annonce des élections législatives et une présidentielle en 2021

Par 09/01/2021 - 11:08 • Mis à jour le 09/01/2021 - 11:01

Un référendum, des législatives et une élection présidentielle auront lieu en 2021 en Haïti. Une année électorale qui s'annonce sous haute tension.

    Contesté, le conseil électoral d'Haïti annonce des élections législatives et une présidentielle en 2021

Le conseil électoral provisoire d'Haïti, nommé unilatéralement par le très critiqué président Jovenel Moïse, a annoncé jeudi la tenue, d'ici la fin de l'année, d'un référendum constitutionnel et de scrutins présidentiel, législatifs et locaux alors que l'insécurité liée aux gangs gangrène le pays.

Le référendum doit être organisé le 25 avril. La présidentielle et les législatives devraient suivre lors d'un premier tour le 19 septembre et d'un second le 21 novembre, jour où se dérouleront également les élections locales. 

Ces scrutins n'ayant pas eu lieu en 2018 comme initialement prévu, Jovenel Moïse se retrouve aujourd'hui sans contre-pouvoir depuis la fin du mandat des parlementaires en janvier 2020, et gouverne depuis par décret.

L'urgence d'organiser le renouvellement du personnel politique est réelle mais la criminalité et la mainmise des gangs armés sur nombre de zones à travers la capitale Port-au-Prince et la province constituent autant de menaces à la bonne tenue d'élections. 

Haïti enregistre depuis l'automne une recrudescence des enlèvements contre rançon qui touchent indistinctement les habitants les plus riches et la majorité vivant sous le seuil de pauvreté. 

Par ailleurs, le comité consultatif nommé par Jovenel Moïse pour élaborer un projet de nouvelle constitution n'a pas encore finalisé son travail mais est déjà vivement critiqué jusque dans le camp politique du chef de l'Etat.

Cette procédure ne semble en effet pas respecter les dispositions de l'actuelle Constitution, qui dispose que "toute consultation populaire tenant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite". 

L'opposition a déjà annoncé une série de manifestations fin janvier, assurant que, selon son interprétation de la constitution, le mandat de Jovenel Moïse arrive à terme le 7 février 2021 et non le 7 février 2022 comme le défend le clan présidentiel.

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