Cinémas d’Outre-mer : 16 députés ultramarins demandent le plafonnement du taux de location de films

Par 18/08/2022 - 13:03 • Mis à jour le 18/08/2022 - 11:51

Les distributeurs nationaux de films envisagent d'augmenter le taux de location de films dans les territoires ultramarins. Cette démarche d'aligner le taux de location pratiqué dans les Outre-Mer sur celui de l'Hexagone pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les salles de cinéma aux Antilles.

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Image d'illustration

Dans un courrier datant du 20 juillet 2022, 16 députés d'Outre-mer demandent à la ministre de la Culture Rima Abdul Malak, un plafonnement du taux de locations de films pour les salles de cinéma ultramarines. 

Initialement lancé par le député martiniquais Jiovanny William, on compte parmi les signataires : Karine Lebon, Marcellin Nadeau, Elie Califer, Jean-Hugues Ratenon, Moetai Brotherson, Tematai Le Gayic, Steve Chailloux, Johnny Hajjar, Stéphane Lenormand, Estelle Youssoufa, Olivier Serva, Max Mathiasin, Philippe Naillet, Mansour Kamardine et Nathalie Bassire.

Ils évoquent les "contraintes économiques locales de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, de La Réunion, de Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie" dans la mesure où "le taux de location des films commandés par les exploitants de salle de cinéma pour en assurer la diffusion, a été fixé depuis plus de 50 ans, sur la base du pourcentage du chiffre d’affaires réalisé par le film commandé et diffusé".

Dans le courrier, les élus souhaitent que chaque collectivité d'Outre-mer concernée continue de payer les distributeurs sur la base du plafond le plus bas. Par conséquent, plutôt que d'être placé dans une fourchette comprise entre 25% et 50%, ils demandent un plafonnement entre 25% et 35%. 

Christelle Galou, Vice-présidente de Secom (Syndicat des Exploitants de Salles de Cinéma en Outre-mer) et directrice générale de Cinéstar en Guadeloupe, craint que la conséquence de cette décision d'augmenter le taux de location des films, ne fasse flamber les prix des billets de cinéma : 

Il est vrai que si nous ne parvenons malheureusement pas à obtenir ce plafonnement, il en va de la survie de nos salles. Cela signifie que les tarifs pourraient augmenter à un prix incroyable alors qu'on est dans un monde où on parle beaucoup d'inflation en plus de la crise Covid. On a besoin de faire revenir du monde en salle. Augmenter les tarifs de plus de 30 % n'aurait aucun sens pour nous. Et pourtant, la survie de nos exploitations est bien en jeu.

Selon Jiovanny William, les députés ont finalement été entendus par le CNC (Centre national du Cinéma et de l'Image animée) qui a accepté de dialoguer de nouveau avec les syndicats et propriétaires de salles. 

S'il s'avère que les négociations échouent, les députés ultramarins devront tout faire pour trouver un véhicule législatif et faire une proposition de loi qui "tendra naturellement à modifier les dispositions de l’article L.213-11 du Code du Cinéma et de l’Image Animée et à plafonner le taux de location à 35% pour l’ensemble des exploitants situés au sein de nos collectivités"

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Courrier adressé à la ministre de la Culture, Rima Abdul Malakcourrier, le 20 juillet 2022

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