Ouverture d'un procès peu commun à Pontoise

Par • Mis à jour le 16/02/2016 - 19:44

Il y a t-il eu - sous couvert de pratiques religieuses - des abus sur des personnes en état de faiblesse ? C'est la principale question qui se posera tout au long du procès de la famille Jasmin qui s'est ouvert ce mardi 16 février 2016 à Pontoise.

    Ouverture d'un procès peu commun à Pontoise
C'est un procès très particulier et peu commun qui s'est ouvert ce mardi matin au Tribunal Correctionnel de Pontoise... Celui d'une famille antillaise accusée de "sujétion psychologique ou physique" sur une quinzaine de plaignants et d'actes "de cruauté envers des animaux".

Pendant de très nombreuses années, le couple Jasmin et leurs deux filles organisaient des cérémonies "vaudou" dans leur maison de Marly-la-Ville qui avait été transformée en temple. Ils ont été mis en examen en 2009 mais le couple et leurs enfants, qui se revendiquent animistes, contestent toute escroquerie et assurent avoir seulement voulu aider les personnes qui venaient les voir dans leur "association culturelle". Ces dernières auraient été libres de partir à tout moment ! Formée en Haïti, la mère de famille qui se revendique prêtresse a soutenu à la barre que "chacun était libre de partir, c'était un travail rémunéré comme une profession libérale". Les parties civiles qui contestent cela disent avoir parfois versé des dizaines de milliers d'euros pour les "consultations" et "initiations" qui étaient proposées.

"On était ses esclaves"

Le rejet de toutes les accusations d'escroquerie et de violences est dur à entendre pour les parties civiles (la plupart antillaises). Ces "ex adeptes" comme ils se désignent font état de sommes astronomiques remises à celle qu'ils appelaient "maman" mais aussi des humiliations publiques lors des cérémonies, de la maltraitance ou encore des menaces diverses. Un procès dur mais nécéssaire pour Sylvie, "J'ai perdu 18 ans de ma vie, j'ai perdu énormément de temps j'étais épuisée... On était ses esclaves", a t-elle confié la voix tremblante.

Le procès doit se tenir jusqu'au 22 février 2016.

Audrey Ollon et Aline Druelle