Elections régionales et territoriales : une décision sera prise début 2021

Par 08/11/2020 - 11:35
01/01/2020 - 00:00

Les élections régionales et territoriales auront-elles lieu en mars 2021 comme prévu ? La question est au centre des travaux d'une commission présidée par Jean-Louis Debré. Une décision sera prise en début d'année en fonction de l'avancée de l'épidémie de covid-19.

    Elections régionales et territoriales : une décision sera prise début 2021

En Martinique, les état majors des partis politiques se scrutent. Partout, on attend d'être sur de la date des élections territoriales pour savoir qui mènera quelle liste. Certes, des personnalités politiques de premier plan sont dans les starting blocks : Alfred Marie-Jeanne, Serge Letchimy, Jean-Philippe Nilor, Yan Monplaisir, Marcelin Nadeau, Catherine Conconne ou encore Philippe Jock participeront sans doute à cette bataille politique tant attendue.

En Guadeloupe, on sait que les socialistes menés par Victorin Lurel, Josette Borel Lincertin et Hilaire Brudey préparent leur campagne. Ary Chalus, le président de Région, devrait quant à lui tenter de conserver son mandat.

Toujours est-il que la date du scrutin n'est toujours pas arrêtée. La faute à l'épidémie de covid-19.

Une commission qui "va associer l'ensemble des forces politiques" va étudier un éventuel report des élections départementales et régionales prévues en mars 2021, a annoncé jeudi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

"On a décidé de mettre en place une commission qui va associer l'ensemble des forces politiques, avec un éclairage sanitaire, pour regarder quand est-ce qu'on peut tenir ces élections", a déclaré le secrétaire d'Etat sur Franceinfo.

"Il faut que la décision soit prise avant que la campagne officielle commence, donc à la fin de l'année, début d'année 2021", a-t-il précisé.

Lors d'une conférence de presse, le Premier ministre Jean Castex a confirmé la mise en place de cette commission, "à la demande du président de la République".  

"Le gouvernement sera extrêmement vigilant à ce que l'organisation des élections et de la campagne se fasse dans des conditions sanitaires exemplaires", a affirmé le chef du gouvernement, soulignant les enjeux "sanitaires et démocratiques" de ces élections.

La "commission des sages", qui réunirait des représentants des différents partis, devrait être prochainement mise en place pour donner son avis sur l'organisation du scrutin, qui s'annonce complexe dans le contexte d'une poursuite de la pandémie, a expliqué l'Elysée.

Sept présidents de départements, majoritairement de la région Grand Est, ont demandé mardi que les élections départementales soient repoussées de trois mois afin qu'elles n'interfèrent pas dans la gestion de la crise sanitaire et celle du plan de relance. 

M. Attal a listé plusieurs questions que devra étudier cette commission: "Comment est-ce qu'on tient une campagne dans ce contexte sanitaire ? Est-ce qu'on peut la tenir ? Si ce n'est pas le cas, est-ce que ça met en doute la sincérité du scrutin ? Si on considère qu'on ne peut pas, quand est-ce qu'on peut tenir ces élections?".

"Aberrant"

"Evidemment, il faut un éclairage sanitaire, évidemment il faut qu'il y ait une forme de consensus politique", a-t-il insisté en rappelant le précédent des élections municipales.

Un débat avait eu lieu quelques jours avant le scrutin municipal sur l'éventuel report du premier tour, qui avait été finalement maintenu en mars dernier.

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a demandé qu'une décision soit arrêtée en "fin d'année" ou "tout début" 2021 sur un éventuel report des élections, ajoutant qu'il "ne veut pas revivre les municipales".

"La démocratie, elle ne doit se manipuler, se toucher, qu'avec d'infinies précautions", a mis en garde jeudi sur RTL la présidente (ex-LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.

"Certes, il faut évidemment prendre en compte la situation sanitaire et il est évident que si nous sommes reconfinés en mars, eh bien évidemment, on ne pourra pas aller voter", a-t-elle ajouté.

"Je pense qu'il faut les laisser en mars", a de son côté indiqué le président (LR) de la région Paca Renaud Muselier jeudi sur LCI, ajoutant qu'il "ne faut pas toucher en permanence aux dates électorales, c'est jamais bon".

"Je trouve aberrant qu’on parle aujourd’hui d’élections qui auront lieu dans 5 mois alors que nous ne connaissons absolument pas les conditions sanitaires de mars prochain", a de son côté assuré la présidente PS de la région Occitanie.

"Les gens qui s’inquiètent des élections aujourd’hui sont totalement hors sol. Soulevons le sujet en janvier quand nous aurons une idée de la situation sanitaire… nous perdons du temps. Cela ne m’intéresse pas et ce n’est pas le problème des Français", a indiqué Carole Delga à la presse.

Les régionales sont la dernière grande élection avant la présidentielle de mai 2022 et représenteront donc un test pour la majorité comme pour l'opposition. La droite détient aujourd'hui sept régions sur treize.

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