Le Venezuela, perdant du rapprochement Cuba-USA

Par 17/04/2015 - 16:38 • Mis à jour le 17/04/2015 - 16:38

Les choses bougent vite dans le Golfe du Mexique. Les Etats-Unis, leaders territoriaux, ont entamé le dégel des relations avec Cuba. Mais le grand perdant dans l'histoire, c'est le Venezuela. Ses relation avec les américains sont de plus en plus tendus, en témoigne ces récentes déclarations de Barack Obama qui décrit le Venezuela comme une "menace inhabituelle et extraordinaire". Décryptage de cette rivalité entre deux pays radicalement différents.

    Le Venezuela, perdant du rapprochement Cuba-USA
Le vent de la discorde souffle entre les USA et le Venezuela. La géopolitique de la zone est assez complexe : Ces deux puissances s'opposent sur de nombreux points.

Le rapprochement des USA avec Cuba n'a rien d'anodin : En effet, le partenaire privilégié de Cuba ces dernières années dans la région, c'est le Venezuela. Et ces derniers sont de plus en plus esseulés dans la zone avec ce rapprochement entre Cuba et les USA. En brisant ce tabou, Obama met fin à 50 ans d'embrouilles et de blocus. Et tactiquement, c'est un coup très fin : Il donne une image d'ouverture de la part des USA (qui sont surtout connus pour le contraire), il est salué par la quasi majorité des Etats latino-américains, mais surtout il étend son hard-power sur la région. Et le projet ne risque pas de capoter : l'opinion publique américaine est pour une normalisation des relations (56% en faveur, février 2015)

Et dans ce jeu de chaises musicales politiques, le grand perdant est... Le Venezuela. Il y a un mois, c'est Barack Obama qui déclarait lui-même que le Venezuela pouvait être dangereux pour la sécurité intérieure des USA. Pire, les américains projettent de mettre leur voisin sur la liste noire des pays terroristes (à cause de ses relations avec le groupe armé Hezbollah) à la place de Cuba. Une décision qui tombe après que le pays soit en situation critique. La pénurie alimentaires, les grèves, les manifestations... Le pays dirigé par Nicolas Maduro, socialiste de la même veine que son ultra connu prédécesseur Hugo Chavez, est au bord de l'implosion. Pas moins de 150 personnes sont décédées sous les coups et les balles des forces de l'ordre, mais également des "chemises rouges", des milices paramilitaires chavistes.

Nicolas Maduro s'est pourtant rendu à Cuba le 21 février dernier, ou il a pu rencontrer les deux frères Castro. Et ces derniers ont réaffirmé leur soutien envers un pays ami. Et dans ce soutient, il y a la ressource première du Venezuela : le pétrole. Les sud-américains doivent fournir environ 100.000 barils par jour avec un prix très intéressant. Mais avec la crise économique que connaissent le Venezuela et le manque de charisme de Maduro par rapport à Chavez, il est fort probable que le pétrole américain commence à intéresser les Castro. Ce qui ajouterait un poids considérable en plus pour les USA dans leur recherche de domination territoriale totale.

Quoi qu'il en soit, ce rapprochement de Cuba vers les USA montre à quel point la partie d'échecs lancée dans le Golfe du Mexique est loin d'être terminée.

Thibault Rodrigue.

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