Report des élections : vers un vote du parlement ?

Par Karl Lorand avec AFP 30/03/2021 - 08:33
01/01/2020 - 00:00
France

Des chefs de file de La République en Marche plaident pour l'organisation d'un débat puis d'un vote du parlement sur le calendrier électoral. Il pourrait avoir lieu d'ici jeudi (1er avril 2021).

    Report des élections : vers un vote du parlement ?

Le timing est court pour le gouvernement. La loi entérinant le report des élections régionales, départementales et territoriales du mois de mars au mois de juin 2021 prévoit une clause de revoyure au 1er avril 2021.

Passé ce délai, les élections se tiendront en principe les 13 et 20 juin 2021.

Le petit-déjeuner hebdomadaire organisé par le Premier ministre avec les responsables de la majorité ce mardi matin (30 mars 2021) a donc essentiellement tourné autour de cette problématique. Il a notamment été question du rapport du conseil scientifique sur le sujet. Malgré leurs réserves sur la tenue de la campagne et du scrutin, les experts ont renvoyé la balle dans le camp du gouvernement.

Selon le quotidien Le Figaro, au cours de cette réunion, plusieurs dirigeants - en premier lieu desquels le président de l'Assemblée Richard Ferrand et le chef de file des députés LREM Christophe Castaner - ont défendu l'idée d'organiser un débat suivi d'un vote au Parlement, tel que permis par l'article 50-1 de la Constitution.

Ce débat permettrait à chaque formation politique de prendre clairement position et de dégager la responsabilité de l'exécutif. La consultation des parlementaires pourrait avoir lieu jeudi.

Quoi qu'il en soit, Jean Castex devrait consulter les chefs de partis avant de prendre une décision.

Pour l'opposition, l'avis du Conseil scientifique ne justifie pas un nouveau report, à l'image de l'Assemblée des départements de France (ADF), dont le président centriste Dominique Bussereau, souhaite le maintien du scrutin.

A droite, le président de LR Christian Jacob s'est déclaré mardi sur Franceinfo "pour le maintien des élections en juin en respectant un protocole sanitaire strict", qui s'appuierait sur les préconisations du Conseil scientifique "pour limiter au maximum les risques".

Du côté du RN, son porte-parole Sébastien Chenu, tête de liste dans les Hauts-de-France, a estimé sur Franceinfo TV que "la démocratie doit vivre quel que soit l'état sanitaire du pays, même en pandémie". Il a rappelé que d'autres pays comme les Etats-Unis, le Portugal et plus récemment les Pays-Bas ont récemment organisé des élections, malgré le virus.

A gauche, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a également souhaité le maintien en juin "car la démocratie doit continuer à suivre son cours". Si la France était "le seul pays à changer son agenda, ce serait là aussi un grave échec" pour elle, a-t-il prévenu sur LCI.

"Il faut que les conditions soient à peu près correctes", affirme le député LFI Eric Coquerel, craignant un téléscopage avec la présidentielle de mai 2022 en cas de report des régionales à l'automne. "Cela va être compliqué avec les comptes de campagne pour la présidentielle", a-t-il prévenu. 

Quant à un report après la présidentielle de 2022, un temps évoqué par Emmanuel Macron, elle constituerait, selon le député communiste Pierre Dharréville, "un bouleversement institutionnel, une présidentialisation du régime avec une ribambelle d'élections à la remorque de la présidentielle".

Du côté de la majorité, les avis sont partagés. Sur France 2, la députée LREM Yaël Braun-Pivet s'est déclarée pour le maintien: "les élections doivent avoir lieu le moment venu, et le moment venu c'est juin".

Du côté du MoDem, en revanche, le député Bruno Fuchs est favorable à un "report au mois de septembre ou d'octobre", mettant en avant les difficultés de faire campagne et rappelant l'abstention historique qui avait marqué les municipales il y a un an.

"Si on veut continuer à ce que les citoyens ne s'intéressent pas à des élections, faisons-les à des moments où il est impossible de faire campagne fortement", a-t-il prévenu sur Radio J.

"Il n'y a pas de bonne solution", reconnaît le député Olivier Becht, patron du groupe allié Agir.

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