Trinidad : un volcan de boue entre en éruption durant le carnaval

Par • Mis à jour le 15/02/2018 - 12:16

Alors que le carnaval battait son plein à Port-of-Spain dans le nord de Trinidad, au sud, le volcan Devil's Woodyard près du village de Hindustan est entré deux fois en éruption en quelques heures mardi avant le levé du jour (13 février 2018). Les habitants ont été évacués quelques heures avant de pouvoir rejoindre leurs domiciles.

    Trinidad : un volcan de boue entre en éruption durant le carnaval

Le volcan de boue Devil's Woodyard est entré deux fois en éruption tôt mardi matin. Depuis lundi gras (12 février 2018), le volcan avait montré des signes d'activité intense. Un rejet intense de boue et des fissures dans le sol laissait craindre un regain d'activité du volcan. Vers trois heures du matin mardi, les villageois présents à proximité du site ont entendu plusieurs explosions comme des coups de feu. Les plus anciens qui avaient vécu l'éruption de 1995 savaient que le phénomène allait se reproduire.

Eruption au petit matin

C'est vers 4 h 20 du matin, qu'une première éruption de 20 secondes secouait effectivement les alentours du Devil's Woodyard. Le volcan crachait à près de 6 mètres de haut un mélange de boue, de souffre, de gaz et d'eau. À 8 h 52, le Devil's Woodyard entrait à nouveau en éruption durant 5 secondes en projetant sa boue volcanique à une hauteur de 3 mètres selon les médias trinidadiens. 40 personnes ont du être évacuées même si aucune habitation n'a été endommagée par l'activité du volcan. Désormais la couche de boue au sommet du volcan a atteint 6 mètres d'épaisseur et recouvre plus d'1 hectare.

Quatrième éruption en 50 ans

"Je ne suis plus effrayé parce que je sais ce que c'est. Je pense qu'il a fait ce qu'il avait à faire. Nous n'aurons plus d'explosion avant 15 ou 20 ans", a commenté Doodastil Pooranlal, un villageois de 60 ans, au Trinidad-and-Tobago Newsday.

Doodastil Pooranlal a connu trois éruptions du volcan de boue. Un à la fin des années 60, une à la fin des années 70 et une en 1995. "Celle de 1995 avait l'air plus dangereuse parce que les routes avaient été abîmées et que les maisons voisines s'étaient fissurées", a raconté le villageois.

Endormi mais toujours dangereux

Depuis ces deux éruptions, le Devil's Woodyard semble s'être à nouveau endormi. Le bureau de gestion des catastrophes demande cependant à la population et aux touristes de ne pas se rendre sur place. Le niveau d’inflammabilité du site n'a pas encore pu être établi. En effet, les volcans de boue se forment par combinaison d'hydrocarbures gazeux de gisements pétroliers, d'eaux thermales souterraines et de dépôts minéraux mous, en grande majorité argiles. L'eau chauffée dans les profondeurs de la terre est mélangée avec les argiles formant la boue ou la boue. Cette argile hautement hydratée est poussée vers le haut par la pression des gaz des sacs de pétrole et s'élève à travers des fissures ou des failles géologiques jusqu'à atteindre la surface. Le présence de résidus d'hydrocarbure et des fuites de gaz rendent le site dangereux.

 

Des volcans sous surveillance

En attendant des résultats d'analyse le volcan est placé sous surveillance tout comme le Digity Village mud volcano à Barrackpore qui se trouve sur la même faille que le Devil's Woodyard à 15 kilomètres au sud est. D'autres habitants de l'île s'inquiètent également du possible réveil du Piparo mud volcano à 10 kilomètres au nord du Devil's Woodyard. Ce volcan de boue était entré en éruption le 14 février 1997, provoquant des gerbes de boue de 60 mètres de haut. 35 villageois avaient tout perdu dans cette catastrophe.

Devil's Woodyard volcan de boue