Le jour où Giscard d'Estaing a mis la Guadeloupe au centre du monde

Par 03/12/2020 - 08:00
01/01/2020 - 00:00

Valéry Giscard d'Estaing est décédé ce mercredi soir des suites d'une infection à la Covid-19. Beaucoup saluent aujourd'hui sa mémoire. En 1979, alors président de la République en exercice, il avait fait de la Guadeloupe le théâtre d'une rencontre diplomatique historique entre les Etats-Unis d'Amérique, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

    Le jour où Giscard d'Estaing a mis la Guadeloupe au centre du monde

Valéry Giscard d'Estaing a marqué l'histoire de la Guadeloupe. En 1979, le Chef de l'Etat a fait de l'archipel le centre des discussions diplomatiques entre les pays occidentaux.

En janvier 1979, il a en effet organisé le sommet de Guadeloupe. Une rencontre historique qui réunissait le président américain Jimmy Carter, James Callaghan, le premier ministre britannique et le chancelier de l'Allemagne fédéral, Helmut Schmidt.

Selon les dires de l'ancien chancelier Allemand, le sommet devait initialement se tenir à Washington mais le président français a proposé aux chefs d'Etat de se rencontrer en Guadeloupe.

Les hommes politiques se sont donc réunis à l’hôtel le Hammack à Saint-François du 4 au 7 janvier pour discuter de " l'évaluation des situations dans le monde ". 

La fin d'une ère

A l'aube de l'année 1979, l'équilibre des forces était en effet en train de se modifier. Le premier choc pétrolier en 1973 avait  mis fin aux Trente Glorieuses. En pleine Détente, les relations internationales demeuraient toutefois tendues.  Au mois de décembre 1978, la rencontre à Genève des ministres des Affaires étrangères soviétiques et américains Andreï Gromyko et Cyrus Vance avait vu l'échec des négociations sur la limitation des armements stratégiques SALT 2.

La situation au Cambodge et en Iran inquiètaient particulièrement les chefs d'Etat occidentaux qui voyaient alors l'influence des soviétiques s'étendre dans plusieurs pays. 

Pendant trois jours, Valéry Giscard d'Estaing, Jimmy Carter, Helmut Schmidt et James Callaghan se sont donc entretenus sur l'avenir du monde. 

Leurs inquiétudes étaient justifiées, l'année 1979 va en effet marquer un tournant dans les relations internationales avec notamment la fin de la Détente instaurée entre américains et soviétiques après la crise des missiles de Cuba. La guerre civile va également intensifiée au Cambodge.

 Face à l'ampleur de la révolution en Iran, le shah va quitter en urgence le pays avec son épouse pour l'Egypte, marquant ainsi l'arrivée au pouvoir de l'Ayatollah Khomeyni et l'instauration de la République Islamique. La décision de faire partir le Shah d'Iran aurait été prise en Guadeloupe au cours du Sommet international organisé par Valéry Giscard d'Estaing.

Le basculement politique de l'Iran, jusqu'alors symbole de stabilité au Moyen Orient a modifié les relations internationales, provoquant le second choc pétrolier et des conséquences géopolitiques qui se font encore ressentir aujourd'hui.

 

Aux Antilles en 1974

Il avait marqué un tournant de l'histoire et de la coopération transatlantique en rencontrant le président américain Gérald Ford en Martinique en 1974. Le secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger était également présent. Un voyage qu'il avait débuté en Guadeloupe le 12 décembre 1974. Le président avait prononcé une allocution à son arrivée à l'aéroport, rappelant qu'il avait tenu sa promesse de venir dans l'archipel "pour vous connaitre et organiser l'avenir des Antilles françaises". Une visite qui l'avait mené à Pointe à Pitre, où Henri Bangou, alors maire, avait fustigé l'absence d'égalité de traitement entre la France et la Guadeloupe, pointant du doigt notamment le taux de chômage élevé. Une foule hostile de militants s'était d'ailleurs massée dans les rues provoquant quelques bousculades. Il s'était rendu ensuite à Basse-Terre, à la rencontre de la population et du maire de l'époque, Jérôme Cléry.

 

 

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