Croisières : nouveau blocage de bus d'excursions par les taxiteurs

Par • Mis à jour le 08/02/2019 - 15:52

Ce matin, un nouveau blocage des bus d'excursions a été opéré par des taxiteurs suite au changement de politique d'accès au terminal croisières. L'intervention des forces de l'ordre a été nécessaire afin de laisser passer quelques bus programmés au départ du Mémorial Acte. Cette fois, ce sont les passagers du bateau de croisières Costa qui ont été impactés par ce conflit.

    Croisières : nouveau blocage de bus d'excursions par les taxiteurs

Les taxiteurs étaient de nouveau mobilisés aujourd'hui. Cette fois, c'est au Mémorial Acte qu'une dizaine d'entre eux ayant eu vent que le transfert des touristes se faisait vendredi par navette maritime depuis le terminal croisières jusqu'au Mémorial Acte, ont décidé de passer à l'action. Le rond-point du Mémorial Acte est alors bloqué. La police est intervenue pour libérer le rond-point pour les autres véhicules ainsi que les cars de touristes.

Il faut dire que le matin de l'arrivée du navire Costa, les taxiteurs non-pointois, dont certains réveillés très tôt, ont trouvé ,avec surprise, portes closes au terminal croisières. Le Port a ainsi bloqué les badges des taxiteurs non-pointois et fait installer des barrières supplémentaires afin de filtrer les taxis pointois des autres professionnels qui sont eux désormais interdits de pénétrer sur le site. Depuis la suspension de l'arrêté préfectoral qui devait créer une Zone Unique de Prise en Charge (ZUPC) sur le terminal croisières, par le tribunal administratif le 4 février dernier, la Préfecture avance que c'est désormais la réglementation de base qui est appliquée. Jusqu'à présent, sur le Port, ce sont des accords successifs entre le Port et les taxiteurs qui permettaient à une liste nominative de taxiteurs, pointois ou pas, de pénétrer sur le site. La situation actuelle est donc inédite. A rappeler que l'arrêté récemment suspendu avait été attaqué par les taxiteurs et les Loti, chauffeurs qui transportent des groupes inférieurs à neuf personnes. Un précédent mouvement d'humeur mercredi avait tout bonnement mené à l'annulation pure et simple de toutes les excursions. 

Pertes sèches pour les agences et image dégradée 

"Si nous on ne peut pas manger, il est hors de question que les tour-operators, enfin ces gros poissons là (ça), ils mangent", a lancé une professionnelle taxi au micro Rci de Bernard Solé, mobilisée au Mémorial Acte, vendredi matin. Pour Tropical Tours, une agence réceptive, le blocage des bus d'excursions de mercredi MSC Divina et Mein Schiff 5 de Tui mercredi dernier, a représenté 20 000 euros de pertes sèches, selon Jean-Bruno Queudray, le responsable de l'agence. Pour les guides attitrés à ces excursions, c'est aussi une perte. Le bateau de TUI est celui qui rapporte le plus en chiffre d'affaires aux guides en pourboires car il s'agit d'une clientèle aisée. "Et pour la journée de vendredi, les pertes sèches pour l'agence se chiffrent entre 2000 et 3000 euros", précise le responsable qui est en contact direct avec les compagnies. Parmi ces principaux clients, Costa, une filiale de Carnival, le plus gros affrêteur mondial et qui tente un retour dans nos eaux. "Des opérations comme celles-là ne peuvent que repousser ce retour. Je suis en contact direct avec eux depuis ce matin 8h, ils sont bien sûr catastrophés parce que ce n'est pas la première fois qu'ils subissent cela. En ce qui concerne la Tui, ils me demande si ils auront de nouveau des problèmes sur leur prochaine escale et je dis que non mais je n'en sais rien", livre Jean-Bruno Queudray. Sur une saison touristique, les retombées économiques des passages de ces bateaux sont conséquentes : plusieurs millions d'euros sur la saison, avance le professionnel qui dit ne même pas comprendre l'origine du conflit. " Qui est responsable de quoi? Je n'en sais fichtre rien (…)  mais ce qu'ils doivent comprendre, c'est qu'il y en a d'autres derrière qui souffrent aussi de cette situation et des personnes qui sont quelquefois dans des situations personnelles pas meilleures que celles d'un taximen. Je pense aux guides qui ne travaillent que quelques mois dans l'année", a-t-il conclu. Reste à savoir si d'autres mouvements auront lieu affectant l'activité des bateaux de croisières et combien de temps durera cette suspension de l'arrêté préfectoral.