Des relations troubles entre la Ville de Pointe-à-Pitre et les associations ?

Par 07/01/2019 - 07:38 • Mis à jour le 07/01/2019 - 07:38

La Ville de Pointe-à-Pitre entretient-elle des relations troubles avec les associations pointoises ? C’est ce que laisse supposer le rapport d’observations définitif de la Chambre régional des comptes, qui pointe du doigt un manque de transparence dans la gestion des subventions attribuées par la collectivité. La CRC évoque des cas de conflit d’intérêt, de mise à disposition irrégulière d’agents communaux ou encore d’absence de convention.

    Des relations troubles entre la Ville de Pointe-à-Pitre et les associations ?

Un rapport qui porte principalement sur les relations qu'entretient la Ville de Pointe à Pitre avec les associations subventionnées. La collectivité qui, rappelons-le, connait une situation financière critique, avec un déficit global de 56 millions d’euros selon le dernier avis de la CRC. Les comptables publics, qui ont passé en revue les comptes de la commune depuis 2014, pointent du doigt un manque total de contrôle dans l’utilisation des subventions allouées aux associations, qui s’élèvent tout de même à 1,4 millions d’euros en 2017 après correction de la CRC, sans compter les bâtiments municipaux mis à disposition gracieusement des associations. La chambre régionale des comptes qui indiquent également que 16 agents titulaires de la Ville sont mis à disposition de plusieurs associations sans convention, sans certitude de régularité et sans remboursements de leurs rémunérations. La collectivité qui n’est pas en mesure non plus de s’assurer du bon emploi de cet argent public, il n’existe aucun dispositif de suivi ni d’évaluations des performances pour chaque association.

Le Hall Paul Chonchon et le centre des métiers d'art dans le viseur

L’association de gestion et de promotion du hall Paul Chonchon a été créée par la Ville en 2013. Selon la CRC, l’AGPH a assuré la gestion du complexe sportif selon une organisation contestable juridiquement de 2014 à 2017. L’exploitation de ce bien public communal a été attribuée sans aucune mise en concurrence. Il en est de même des prestations de services au profit du centre sportif réalisées par la société MHIG, dont le gérant, fils d’un élu municipal, a été recruté de manière irrégulière en septembre 2016 pour devenir le directeur du Hall. Une situation qui a été corrigé en juillet 2017 mais à ce jour la Ville doit toujours récupérer ses créances de loyers non réglées par l’association et un trop versé à cette société. Concernant l’AGCMA, l’association de gestion du centre des métiers d’art, le soutien financier de la Ville atteint 576 mille euros, soit 70% des ressources de l’association. Selon la CRC il n’est pas démontré que cette activité relève d’une compétence strictement communale et indique par ailleurs que la mise à disposition irrégulière de 10 agents communaux au sein de l’AGCMA doit être corrigée.