Capesterre-Belle-Eau : le 1er féminicide de l'année en Guadeloupe?

Par Cécile Rémusat • Mis à jour le 10/12/2019 - 13:03
Guadeloupe

Si l’enquête sur le décès de Capesterre-Belle-Eau devait conclure à un féminicide il s’agirait du premier de l’année en Guadeloupe et du 142e de l’année au niveau national. C’est ce qu’indique ce mardi matin le collectif «Féminicides par compagnons ou ex». Un chiffre qui n’est pas celui des instances officielles puisque cette affaire est encore loin d’être jugée. Quoi qu’il en soit les féminicides sont au cœur des préoccupations gouvernementales. Chez nous, si jusque là on ne recensait pas de décès, les violences faites aux femmes sont de toute façon une bien triste réalité, et en augmentation cette année.

    Capesterre-Belle-Eau : le 1er féminicide de l'année en Guadeloupe?

Les derniers chiffres officiels publiés dressent un état des lieux jusqu’à fin octobre. Selon les services de police et de gendarmerie en Guadeloupe, sur les dix premiers mois de l’année,le nombre de femmes victimes de violences, dans et hors du cadre familial, augmente de 9,5% par rapport à 2018 sur la même période.

 

La plupart des chiffres en hausse

Cela porte à 1 941 le nombre de femmes victimes la plupart des chiffres sont en augmentation. Ils baissent uniquement pour les tentatives d’homicides (4 jusque fin octobre 2019, soit deux fois moins qu’en 2018 à la même période) et pour le harcèlement sexuel et autres agressions sexuelles à l’encontre de majeures (47 en 2019 contre 50 en 2018).

Voici le détail de ces chiffres en Guadeloupe sur la période janvier-fin octobre 2019 :

- 1138 femmes ont été victimes de violences physiques, contre 1090 en 2018 sur la même période

- 543 femmes ont fait l’objet de menaces ou chantages contre 452 en 2018

- 8 femmes ont été séquestrées en 2019 contre 3 en 2018

- 53 femmes majeures ont été victimes de viols contre 47 en 2018

- 68 viols ont été perpétrés sur des mineures contre 57 en 2018 sur la même période

- 47 cas de harcèlements sexuels et autres agressions sexuels ont été enregistrés contre des femmes majeures contre 50 en 2018

- 80 harcèlements sexuels et autres agressions sexuels contre des mineures, contre 66 en 2018

- Il y a eu 4 tentatives d’homicide à l’encontre des femmes enregistrées sur les dix premiers mois de l’année et 8 en 2018 à la même période.

Un numéro d'urgence

A l'occasion du Grenelle des violences conjugales, lancé par le Gouvernement en septembre, ce type de violence a été mise en lumière pour que les victimes osent les dénoncer. Voici le numéro d’urgence si vous êtes victime ou témoin de violences : le 3919. Un numéro d’écoute national, anonyme et gratuit

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