Emeutes de novembre : ce qu'on reproche aux 8 interpellés

Par 21/01/2022 - 19:15 • Mis à jour le 21/01/2022 - 19:14

On en sait plus sur l'affaire des 8 personnes interpellées lundi matin dont un policier. Le Procureur de la République tenait ce vendredi une conférence de presse pour préciser les éléments de l'enquête. Pour lui, les émeutes et pillages de fin d'année étaient en réalité planifiés.

    Emeutes de novembre : ce qu'on reproche aux 8 interpellés

Poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes, les suspects étaient dès ce vendredi matin tôt déférés devant le pôle judiciaire. Le Procureur de la République Patrick Desjardins a fait un point sur le dossier. Il a expliqué que l'enquête a débuté au lendemain des évènements survenus fin novembre (les 18, 19, et 20) notamment en région pointoise. Plusieurs exactions et attaques avaient, souvenez-vous été commises visant des commerces et batiments. Selon ce qui ressort des investigations et des surveillances mises en place, ces émeutes étaient organisées, pas spontanées. Il existe plusieurs éléments tangibles selon le magistrat qui n'a pas voulu en dire plus pour l'instant.

En faisant des recoupements avec d'autres faits, les enquêteurs de la DZPJ à l'époque, ont pu faire des rapprochements notamment en ce qui concernait les cibles, les protagonistes qui disposaient à priori "d’intérêts convergents". Un "partage de rôles" en fonction des secteurs, par le biais présumé d'individus influents sur des bandes de jeunes issus de Baie-Mahault, Mortenol ou encore Grand-Camp. L"objectif, "semer la panique", mettre le feu ou "fixer" des agents. Il y aurait par exemple eu un soir, 19 tirs sur les forces de l'ordre. Parmi les échanges surveillés, en ressort l'attaque du SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation) de Miquel, qui fut effectivement visé quelques jours plus tard. Ce qui a permis de confirmer l'hypothèse. L'assaut de la Sous-Préfecture faisait aussi partie des prévisions. 

C'est en toute discrétion que le travail des policiers s'est poursuivi, toujours avec des écoutes et observation de réunions discrètes, avec à l'issue, l'interpellation cette semaine de 7 suspects, certains publiquement connus. Le policier mis en cause quant à lui, aurait fourni des renseignements sur ses collègues lors des nuits mouvementées, leurs positions et autres. Une complicité décrite comme une "trahison" par le Procureur. L'intéressé aurait eu un rôle actif, notamment lors de l'attaque du SPIP, où un fonctionnaire du RAID avait été touché par balle.

Il aurait de surcroît, effectué un repérage à l'aéroport avant le 30 décembre 2021, jour durant lequel des manifestants s'étaient dirigés vers cet endroit. Le projet était semble t-il d'envahir la piste pour y brûler des voitures volées, afin de stopper le trafic aérien. Par ailleurs, la bande est soupçonnée d'avoir voulu extorquer de l'argent à des grands groupes, avec la promesse d'épargner leurs établissements ou alors des subventions par le biais d'associations, auprès d'élus locaux avec qui, elle aurait eu des "relations parfois troubles" selon le représentant du Parquet.

L'enquête se poursuit confiée désormais à 2 juges d'instruction. Mis en examen pour certains pour : complicité de dégradations en bande organisée, association en vue d'attroupements armés, ou encore extorsion et détournements de fonds publics. 4 d'entre eux ont ce vendredi, déjà été placés en détention provisoire dont le policier, les débats se poursuivaient ce soir pour les autres. 

Écoutez le Procureur de la République, Patrick Desjardins qui livre plus de détails : 

    

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