Jade, l'adolescente condamnée en 2021 pour matricide, est jugée en appel

Par 17/01/2022 - 18:42 • Mis à jour le 17/01/2022 - 18:31

C'est un procès extrêmement délicat qui s'est ouvert ce lundi matin (17 janvier 2022) devant la Chambre des Mineurs de la Cour d'Appel de Basse-Terre. Celui de Jade, bientôt 17 ans, condamnée en première instance à 14 années de réclusion criminelle pour assassinat. Le 6 juillet 2020 sur le parking de Destrelland à Baie-Mahault, l'adolescente avait tué sa mère d'un coup de feu. Le procès en appel et à huis clos se tient jusqu'à vendredi.

    Jade, l'adolescente condamnée en 2021 pour matricide, est jugée en appel
Les faits s'étaient produits en juillet 2020 sur le parking du centre commercial

La Chambre des Mineurs de la Cour d'Appel de Basse-Terre a débuté 5 journées d'un procès qui s'annonce intense, tant la douleur est intacte, 19 mois après les faits. 

Le 6 juillet 2020, sur le parking d'une grande surface à Baie-Mahault, une jeune adolescente, alors âgée de 15 ans et 6 mois, tue d'un coup de feu sa mère.  

Le drame avait secoué et ému toute la Guadeloupe. Pendant 4 jours, du 13 au 16 octobre 2021, lors du procès en première instance de la jeune fille, on avait assisté à un scénario inhabituel : la partie civile était aux côtés de la défense avec des plaidoiries qui sollicitaient toutes que la préméditation ne soit pas reconnue afin d'atténuer la peine de l'accusée, qui encourait 20 ans de prison.

Au terme des 4 jours d'audience, les 3 magistrats professionnels en charge de juger la délicate affaire retiendront pourtant la thèse de l'assassinat, autrement dit, l'homicide volontaire commis avec préméditation. 

Jade sera condamnée à 14 années de réclusion criminelle. Une année de moins que les réquisitions du Ministère public qui avait réclamé 15 ans. 

Depuis ce lundi et jusqu'au vendredi 21 janvier, lendemain de la date anniversaire des 17 ans de la jeune fille, c'est un nouveau procès qui se joue, avec un jury complètement différent composé de 3 nouveaux magistrats professionnels. 

Le Ministère Public, également, change. Il s'agit de l'avocate générale, Elodie ROUCHOUSE.

Au contraire des deux avocats de la défense, les mêmes qu'en première instance, maître Bertrand BURMAN du barreau de Paris et maître Jenny MORVAN du barreau de la Guadeloupe. L'avocat des parties civiles, le bâtonnier Roland EZELIN, est le même lui-aussi. 

Deux avocats de la défense et un avocat de la partie civile qui ne devraient pas modifier leur stratégie et tout mettre en oeuvre pour aboutir à deux objectifs communs très précis : faire tomber la préméditation et ainsi la thèse de l'assassinat et faire tomber, également, l'intention d'homicide, autrement dit l'acte volontaire de tuer et par conséquent le meurtre.

Deux défis très forts qui restent les enjeux majeurs de ce procès. Les avocats, bien que reconnaissant la gravité des faits, veulent sauver la jeune Jade d'un séjour trop long en prison. 

Quel sera le poids de cette thèse accidentelle face aux deux autres hypothèses : d'une part l'acte prémédité, de l'autre l'acte volontaire ? 

Les 5 journées d'audience à huis-clos s'annoncent très serrées et indécises.

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