L'agent soupçonné de corruption d'un élève devant les juges

Par 12/01/2017 - 16:54 • Mis à jour le 12/01/2017 - 16:54

Nous vous parlions début décembre de cette délicate affaire de mœurs visant un agent scolaire du collège de Morne à l'eau. Un élève autiste de 15 ans déclarait avoir été victime de propositions sexuelles. Chose réfutée par le mis en cause. Le dossier dans un premier temps renvoyé, était à nouveau appelé ce mercredi devant le tribunal correctionnel. Mais vu sa complexité, les juges ont décidé de mettre leur décision en délibéré au 1er février. En effet, chacune des parties campe sur ses positions.

    L'agent soupçonné de corruption d'un élève devant les juges
Qui dit vrai dans cette affaire? Difficile de répondre et c’est pour cette raison que le tribunal a mis sa décision en délibéré au 1er février prochain. Le temps de reprendre le dossier point par point. Début décembre, l’agent technique de 46 ans était placé en garde à vue suite à un comportement obscène présumé à l’encontre du mineur. La victime aurait confié avoir subi des avances de la part du quadragénaire, alors qu’ils étaient seuls dans une salle. Selon l’adolescent vulnérable, l’homme à demi nu lui aurait demandé de se déshabiller et de l’embrasser. "Faux !" a contesté le prévenu dès son interpellation et jusqu’à l’audience.

"Un autiste ne peut pas mentir"

Avec près de 20 ans de métier, il n’a jamais eu telle attitude. Il a déclaré ne pas comprendre ces accusations. Selon les experts, l’élève soufre bien d’un handicape psychologique à hauteur de 70%, mais en général, un autiste ne peut pas mentir et se contente de rapporter la réalité. Lors des débats, les juges ont minutieusement épluché heure par heure le planning des deux protagonistes, histoire de relever d’un côté ou de l’autre des anomalies éventuelles pouvant faire jaillir la vérité.

"Je n'ai jamais été seul avec lui"

"Je n’ai jamais été seul avec lui" a réaffirmé le prévenu. Dur de se faire une idée avec ces deux versions, c’est parole contre parole. Un collègue témoin a bien été cité par la défense mais lui-même était plutôt imprécis dans ses déclarations, allant jusqu’à confondre les jours. Un dossier assez rare en correctionnel a indiqué le parquet, il a requis 6 mois avec sursis et interdiction d’exercer une activité en rapport avec des mineurs. Les juges se sont octroyé un délai avant de rendre leur décision basée, comme il se doit, sur une intime conviction.