Procès fratricide : deux thèses se confrontent

Par 24/11/2020 - 11:25
01/01/2020 - 00:00

Le procès en appel devant la cour d'assises de Jean-Yves Mobétie-Jacquet s'est ouvert ce lundi. Il avait été condamné à 12 années de réclusion criminelle prononcé en première instance. Avec ce nouveau procès, il risque une peine de 20 ans. La première journée s'est ouverte par l'audition du directeur d'enquête.

    Procès fratricide : deux thèses se confrontent

3 ans et 8 mois après les faits et un peu plus d'un an après son premier procès, Jean-Yves Mobétie-Jacquet est jugé pour la deuxième fois.  Le condamné a, en effet, interjeté appel du verdict prononcé par la cour d'assises le 26 juin 2019 qui le condamnait à 12 ans de réclusion criminelle.  Il encourt une peine maximale de 20 années de réclusion pour des violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner, autrement dit, des coups mortels. Deux thèses s'affrontent dans ce duel fratricide qui s'est déroulé sur le terrain familial situé à la section Faugas au Lamentin, le 6 mars 2017.  Celle de l'accusé qui affirme que la victime, Valéry, son frère aîné, âgé d'un an de plus que lui, s'est empalé sur la fourche qu'il portait. Une fourche qu'il utilisait seulement pour se défendre face à la victime qui portait un coutelas à la main.

Cette thèse de légitime-défense a déjà été présentée en première instance mais n'avait pas convaincu les jurés de la cour d'assises.  Ces derniers, lui préférant la deuxième hypothèse : le coup volontairement asséné. Une thèse qui se base sur le témoignage d'un voisin qui a assisté à l'affrontement et qui a parlé, lui, d'un coup de fourche volontaire donné alors que la victime s'en allait.

Les relations entre les deux frères étaient conflictuelles depuis de nombreuses années, en raison d'un partage de terrain familial.

Par ailleurs, les deux hommes avaient des caractères, semble-t-il, diamétralement opposés.  Dans la salle d'audience, ce lundi quelques uns de leurs proches écoutaient en silence. Un mutisme pesant à l'image de la douleur et le déchirement que bon nombre d'entre eux ressentent encore près de quatre ans après les faits.

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