Une affaire de séquestration jugée en comparution à Basse-Terre

Par 04/05/2022 - 10:21 • Mis à jour le 04/05/2022 - 10:20

Le Tribunal Judiciaire de Basse-Terre devait juger mardi selon la procédure de Comparution immédiate une affaire de tentative d'arrestation, d'enlèvement, de séquestration ou détention arbitraire suivi d'une libération avant le 7e jour à laquelle était associé un acte de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité mais en état de récidive. Le prévenu a écopé de 6 mois ferme de prison auxquels ont été ajoutés 3 autres mois d'un sursis qu'il purgeait. Mais au-delà des peines, c'est l'histoire de la misère humaine qu'il faut retenir derrière cette affaire .

    Une affaire de séquestration jugée en comparution à Basse-Terre
Prenez 2 dominiquaise âgées de 27 et 20 ans. La première était vigile dans un hôtel à la Dominique. La seconde travaillait dans un bar, également dans son pays. Elles ont perdu leur travail et se sont retrouvées sans un sous. Une de leur connaissance leur promet alors l'eldorado en Guadeloupe. Karukera, île aux belles eaux où elles réussissent à pénétrer, sans difficulté, clandestinement.
 
Une clandestinité qui est une faiblesse pour elles et qui les transforment rapidement en proies fragiles. Au point que celui qui leur permet de traverser, à ses frais, les eaux internationales décident de les exploiter en les contraignant à vendre leurs charmes. Et de leur priver de nourriture lorsqu'elles refusent. Les faits se déroulent à Basse-Terre. 
 
Cela dure plusieurs semaines jusqu'au jour où parties chercher à se nourrir, elles décident de plus revenir et croisent un autre homme qui décide de les héberger. Ce qui ne plait pas au trafiquant qui va se présenter armé d'un coutelas et accompagné de deux complices au nouveau domicile d'accueil des 2 jeunes femmes. L'une d'elles va réussir à appeler les policiers et leurs auditions vont permettre d'interpeller leur premier geolier.
 
Hier, malgré l'insistance de l'avocate des deux victimes, le prévenu a été relaxé des faits de tentative d'arrestation, d'enlèvement, de séquestration ou détention arbitraire mais condamné à 6 mois ferme d'emprisonnement pour violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité mais en état de récidive auxquels se sont ajoutés 3 mois concernant un précédent sursis. 
 
L'affaire pourrait ne pas en rester là puisque l'avocate des parties civiles entend poursuivre le condamné, un Saint-Claudien de 33 ans, pour proxénétisme aggravé. Faits passibles de la cour d'assises. Quant aux deux jeunes femmes, en situation irrégulière, elles se retrouvent, dans la nature, livrées à elles-mêmes.
 

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