La Nouvelle-Calédonie se prépare au vote sur l'indépendance

Par • Mis à jour le 03/11/2018 - 10:38

La Nouvelle-Calédonie est appelée à se prononcer sur son indépendance lors d'un référendum ce dimanche 4 novembre. Cette consultation, qui constitue un rendez-vous historique dans le processus de décolonisation, peine à intéresser la population. Un scrutin qui divise depuis des décennies les indépendantistes et les loyalistes favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République.

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"Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" C'est la question à laquelle vont répondre les électeurs. Le rendez-vous tant attendu ne mobilise pas les troupes. Il y a un relatif désintérêt pour la campagne et notamment chez les jeunes. C’est assez paradoxal par rapport à cet enjeu historique mais la génération qui a aujourd’hui 20 ou 30 ans n’a pas connu ces affrontements. Les tensions entre Kanaks et Caldoches avaient culminé avec la prise d'otage et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, qui avait fait 25 morts au total. Depuis 2004, les différentes élections provinciales en Nouvelle-Calédonie ont connu une baisse de la participation.

Les électeurs peinent d’autant plus à se mobiliser que le résultat du vote semble déjà couru d’avance. Selon le dernier sondage commandé par la chaîne Nouvelle-Calédonie La Première, le "non" à l'indépendance arrive largement en tête, avec 66 % des sondés, contre 34 % pour le "oui". Au total, 174 154 électeurs sont inscrits sur la liste spéciale pour le référendum car ils ont pu justifier d'une résidence continue dans l'archipel depuis au moins le 31 décembre 1994. Les Kanak, qui ne représentent plus que 39 % de la population, forment 63 % de ce corps électoral, selon le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).

La famille indépendantiste est dominée par le FLNKS, un regroupement de quatre partis politiques, qui appelle le "peuple kanak" à "conclure un combat qui dure depuis 164 ans". Durant la campagne du référendum, la formation a défendu un projet d'État souverain -"Kanaky-Nouvelle-Calédonie"-, assorti d'un partenariat ou d'un accord de coopération avec la France. L'archipel doit prendre le chemin de l'indépendance notamment pour réformer l'économie, estiment les militants indépendantistes de l’Union calédonien Un rééquilibrage économique à l’égard des Kanak a été mis en place depuis 30 ans, ainsi que des mesures sociales, mais cela n’a pas suffi à gommer les disparités. Dans le camp du non, on insiste sur les apports de la métropole :  "La France est une chance" ou "Pour une Nouvelle-Calédonie dans la France et dans la paix", affichent les slogans de campagne. Au final, les habitants sont peut-être convaincus qu’on se dirige vers un statut quo plutôt que vers un nouveau statut." Pour le chercheur, le réel enjeu de ce vote sera le taux de participation.