Marine Le Pen aux Antilles : "Nous ne nous occupons pas des groupuscules et des fascistes" (Marc Guille)

Par 12/01/2017 - 03:27 • Mis à jour le 12/01/2017 - 03:27

Marine Le Pen sera-t-elle en Guadeloupe en février ou mars 2017 ? La question est loin d'être tranchée. Mais, la fédération locale du Front national se veut tout de même rassurante.

    Marine Le Pen aux Antilles  : "Nous ne nous occupons pas des groupuscules et des fascistes" (Marc Guille)
Marine Le Pen avait prévu de venir en Guadeloupe dès janvier 2017. Invité de "Sans Langue Bois" ce mercredi 11 janvier, Marc Guille, le représentant du parti frontiste en Guadeloupe a déclaré que ce voyage "a été décalé pour février ou mars".

"Ce sont les seules consignes que j'ai pour le moment", a ajouté Marc Guille qui apparemment ne voulait pas trop en dire. Un peu plus tard, il évoquera un problème de calendrier.

A l'instar des autres candidats, Marine Le Pen aimerait pouvoir venir présenter son programme à l'approche des élections présidentielles. Autant dire qu'à trois mois du scrutin, montrer son intérêt pour les territoires d'Outre-mer et surtout pour les Antilles, devient presque une priorité.

"Elle a été à Mayotte (...) elle a été à la Réunion. Normalement, c'est le rôle des candidats", lance Marc Guille. La présidente du Front national s'est également rendue en Guyane, il y a quelques semaines.

Reste que les Le Pen ont manifestement un souci avec les Antilles. En Guadeloupe et en Martinique, des mouvements d'opposition ont déjà manifesté leur hostilité à la venue de Marine Le Pen. Son père, Jean-Marie Le Pen, avait lui-même été empêché d'atterrir en Martinique le 6 décembre 1986.

Le vol avait ensuite été dérouté vers l'aéroport du Raizet en Guadeloupe. Le président du FN avait alors refusé de descendre de l'appareil.

Depuis, la fille de Jean-Marie Le Pen a pris la sucession de son père. Elle a lancé une politique de dédiabolisation du parti. Et le Front national tente de se recentrer sur la souveraineté de la France face à l'Europe.

Marc Guille ne dit pas autre chose lorsqu'il déclare à RCI : "Il y a dix ans de cela, la France était une République française. Actuellement elle ne l'est plus. C'est une république européenne".

Un discours qui semble séduire au-delà des électeurs traditionnels du Front national. Les Guadeloupéens y seraient même de plus en plus sensibles. Le représentant local du Front national va jusqu'à avancer qu'il est "réclamé à cor et à cri".

Alors comment expliquer qu'on ait le sentiment que Marine Le Pen ne soit pas la bienvenue chez nous ? Marc Guille a sa réponse.

"C'est le folklore de la Guadeloupe et de la Martinique. Nous ne nous occupons pas des groupuscules, des fascistes. On nous attribue le terme de fasciste, je crois qu'il faudrait retourner ce terme aux gens qui empêchent aux individus de circuler librement. D'ailleurs, la Guadeloupe n'est pas le reflet de ces groupuscules".

A la question posée sur le site RCI, "Marine Le Pen doit-elle pouvoir venir aux Antilles ?" 71% des internautes qui ont accepté de répondre ont dit "oui". Il faut également avoir en mémoire la progression du FN lors des dernières présidentielles en Guadeloupe. On est passé de 5 335 électeurs en 2007 à 7 486 en 2012.

Anaëlle Edom avec Rudy Zorobabel
@anaellee_rci


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