Mémorial ACTe : Après la reconnaissance la réparation ?

Par • Mis à jour le 13/04/2015 - 20:07

Présidé par Jacqueline Jacqueray, le Comité International des Peuples Noirs (CIPN) ne participera pas à l'inauguration du Mémorial ACTe le 10 mai 2015. Son point de désaccord : les réparations pour le crime de l'Esclavage.

    Mémorial ACTe : Après la reconnaissance la réparation ?
A l'origine du Mémorial ACTe, le CIPN ne remet pas en cause l'intérêt de l'édifice pour la mémoire de l'Esclavage. Il le reconnait comme un projet "éminemment guadeloupéen" à l'envergure caraïbéene puis internationale."Les citoyens du monde entier devraient pouvoir venir visiter et découvrir ce MEMORIAL dédié à nos ancêtres Martyrs" affirme Jacqueline Jacqueray, la Présidente du CIPN dans sa lettre du 11 avril adressée au Président François Hollande. Mais, une volonté persiste : aller plus en mettant en œuvre la logique des trois 3 R : Reconnaissance, Réparations et Réconsiliation. Et c'est le deuxième point qui a été soulevé ce lundi 13 avril au centre Culturel Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre.

La loi Taubira une valeur mémorielle uniquement ?

L'attitude du gouvernement est jugée inacceptable par le CIPN. Il pointe un Président de la République dans le deni. Ce dernier n'envisage pas de réparations pour l'Esclavage. Plus encore, selon Jacqueline Jacqueray, François Hollande en s'appuyant sur la loi Taubira de mai 2001 se dédouane en accordant à celle-ci qu'une valeur mémorielle et pas normative.

"Il faut oser fasadé"

Le Comité International des Peuples Noirs considère que les réparations sont la clé de voûte d'une politique de développement pour la Guadeloupe. Ouvrir le débat, interpeller, parler, "oser fasadé", pour avancer. A travers la voix de Jacqueline Jacqueray, le CIPN met en lumière les maux de la société guadeloupénne qui prennent source dans l'histoire coloniale. Il renvoie à cette constatation afin de trouver des réponses au malaise social. Les réparations sont d'après lui une des étapes à mettre en œuvre.

Anaëlle Edom