Réclamé par Moun Gwadloup, que prévoit le dispositif ORSEC Eau potable ?

Par 10/09/2020 - 15:18
01/01/2020 - 00:00

Habitué des interventions coup de poing, singulièrement sur le dossier de l'eau, Moun Gwadloup a de nouveau fait parler de lui cette semaine en s'invitant à la réunion sur l'avenir des salariés du SIAEAG. L'argument principal est la mise en place du dispositif ORSEC Eau potable. Un outil encore flou sur lequel les interprétations divergent.

    Réclamé par Moun Gwadloup, que prévoit le dispositif ORSEC Eau potable ?

Connaissez-vous ORSEC Eau potable? C'est un dispositif dont on a souvent entendu parler dans le dossier de l'eau et principalement dans les prises de parole de Moun Gwadloup.

Avant toute chose sur ce sujet, un point lexical s'impose. ORSEC signifie Organisation de la Réponse de Sécurité Civile, et il faut distinguer deux situations. La première, ce sont les plans portant cet acronyme qu'on déclenche lors de catastrophes naturelles ou industrielles. Cela avait notamment été le cas lors de l'incendie de Lubrizol à Rouen, ou encore lors des inondations dans le sud de la France en fin d'année dernière. Dans ce cas, l'ORSEC permet de coordonner toute la gestion de crise par les services de l'État ou une municipalité, mais concernant notre problématique de l'eau, aucun plan de ce type n'a été décrété.

Mais ORSEC c'est aussi le nom donné aux dispositifs départementaux pour gérer les ruptures en eau potable sur les territoires. Depuis l'émission d'un guide par le ministère de l'Intérieur en 2017, les préfectures ont jusqu'à fin décembre 2020 pour les produire. Mais en Guadeloupe, on ne sait pas trop où ça en est pour l'instant. Des réunions ont eu lieu en 2018, à l'époque où Éric Maire était préfet, mais depuis, on n'a pas retrouvé trace d'autres sessions de travail.

Un simple guide

C'est sur la base de ce guide émis en 2017 que s'appuie Moun Gwadloup pour tenter d'imposer des solutions de substitution à l'État, sauf que ce document qui accompagne les préfectures n'a pas valeur de texte officiel, dans le sens où il n'oblige en rien Alexandre Rochatte. Il contient toutefois une ligne qui retient l'attention, précisant que ce dispositif devra être "mis en œuvre lorsque le réseau est affecté par des ruptures qualitatives et/ou quantitatives de plus ou moins longue durée, quel que soit l’événement qui en est la cause".

Mais il est aussi important de souligner que le ministère stipule que le préfet pourra déclencher le dispositif  en cas de « crise », et là, la définition nationale est importante. Une crise pour le ministère de l'Intérieur c'est « une rupture dans le fonctionnement normal d'une organisation ou de la société, résultant d'un événement brutal et soudain, qui porte une menace grave et qui appelle une réaction urgente ». À la lumière de cette précision, pas sûr que notre problématique, certes récurrente, entre dans les qualificatifs « brutal et soudain ».

Pour le collectif Moun Gwadloup, qu'importe si la préfecture n'a pas encore livré son dispositif ORSEC Eau potable, elle doit assumer et suivre les mesures de substitution. C'est ce qu'affirme Ludovic Tolassy, l'un de ses représentants.

 

Des investissements et des mesures

Néanmoins, la préfecture assure qu'elle prend très à cœur cet enjeu qui constitue « une préoccupation majeure ». Elle rappelle que des mesures ont d'ailleurs déjà été prises. On se souviendra des citernes, packs d'eau ou encore des réquisitions des régies par Philippe Gustin au cœur du confinement, alors que l'État n'est pas compétent en la matière. Des réquisitions d'ailleurs maintenues jusqu'au 30 septembre, précisent les services d'Alexandre Rochatte, avec un coût de 6,5 millions d'euros pour le paiement des entreprises privées, en plus de l'investissement dans le plan partenarial d’actions prioritaires à hauteur de 10 millions d’euros.

À plus long terme, la préfecture plaide pour la création de la structure unique pour régler durablement ces difficultés, mais compte tenu des dernières tentatives infructueuses, ça pourrait prendre du temps.

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