Un haut fonctionnaire contre les sargasses

Par • Mis à jour le 04/05/2018 - 00:02

Un haut fonctionnaire, chargé de la rédaction d’un plan national de lutte contre les sargasses, a été nommé. Ce plan national sera piloté par les ministères des outre-mer, de la transition écologique et solidaire, des solidarités et de la santé ainsi que du ministère de l’intérieur. Ce plan national sera décliné pour chaque territoire en un plan très opérationnel : le Plan d’Urgence Local Sargasses (PULSAR).

    Un haut fonctionnaire contre les sargasses

Ce PULSAR instaurera une procédure réactive en cas d'échouages, en coordonnant l'utilisation des moyens humains et des matériels disponibles. Pour être efficaces et concrets, ce plan national et ces plans locaux seront adossés à un fonds de 3 millions d’euros de crédits Etat pour l’acquisition, aux côtés des collectivités et des fonds communautaires, de solutions innovantes de ramassage et des équipements de protection individuels pour les équipes de ramassage. D'ores et déjà, et sans attendre la finalisation de ce plan, une mission d’assistance de la sécurité civile a été dépêchée aux Antilles pour appuyer les activités de ramassage. Le régiment du service militaire adapté (RSMA) a été déployé en appui, de manière exceptionnelle. En complément, des personnes sous main de justice (TIG) sont mobilisées.

L’ADEME va lancer très prochainement de nouveaux appels à projets, à hauteur d'1 M€, portant sur le ramassage et la valorisation des algues, faisant suite aux appels à projet lancés depuis 2015. Le Gouvernement a également décidé de renforcer les moyens mobilisés pour la prévision des échouages : à court terme, par des survols aériens plus fréquents, à moyen terme par le développement de l’observation satellitaire notamment dans le cadre du programme européen COPERNICUS. Les agences régionales de santé procèderont sans délai à un renforcement du dispositif de mesure des émanations de gaz des Sargasses en décomposition. Un réseau de 24 capteurs fixes va être déployé en Guadeloupe, grâce à un financement de la Région et de l'Etat. Parallèlement, le haut conseil de la santé publique a été saisi pour rendre un avis sur les conséquences pour la santé humaine des expositions observées. Un séminaire régional sera organisé à l’automne à l’occasion de la prochaine conférence de coopération régionale Antilles-Guyane (CCRAG), dédié à la connaissance du phénomène, de ses origines et des solutions existantes pour y faire face.

Cette conférence permettra de de partager des expériences, des connaissances et de renforcer la coopération régionale face à cet enjeu commun. Enfin, une réunion au niveau national avec les assureurs sera organisée afin d'identifier les meilleures solutions permettant de prendre en charge les dommages subis par les biens et les personnes du fait de l'échouage des Sargasses sur les côtes des territoires concernés. Ces mesures, qui répondent aux besoins urgents de court terme tout en apportant des solutions sur le long terme, sont le résultat d'une mobilisation forte de tous les ministères impliqués sur cette crise sargasses.