Paris : un meeting d'associations d'Outre-mer empêché par les forces de l'ordre

Par 30/01/2021 - 17:07 • Mis à jour le 30/01/2021 - 17:03

Un meeting qui avait pour but de dénoncer les problématiques qui touchent les territoires ultramarins devait avoir lieu ce samedi 30 janvier, devant le ministère des Outre-Mer à Paris. Le rassemblement a finalement été interdit par les forces de l'ordre, faute d'autorisation.

    Paris : un meeting d'associations d'Outre-mer empêché par les forces de l'ordre

Ce samedi 30 janvier, le collectif "Dom Connexions", fédération qui regroupe des associations de l’ensemble des Outre-Mer, avait convié les personnes originaires des territoires ultramarins à un meeting, à Paris. L’objectif était de dénoncer les problématiques auxquelles doivent faire face ces territoires et revendiquer l’accès "aux droits humains qui sont actuellement bafoués", précisait la fédération dans son communiqué d'invitation.

Devant le ministère des Outre-Mer, rue Oudinot, dans le 7e arrondissement, une quarantaine de manifestants ayant répondu à leur appel, sont venus dans l'espoir de participer à ce meeting.

Un rassemblement qui sera finalement écourté puisque les forces de l'ordre l'ont interdit, car la manifestation n'était pas déclarée à la préfecture. "Il faut deux mois pour obtenir une réponse de la préfecture, nous ne pouvons pas demander aux gens d'attendre tout ce temps pour venir dénoncer des choses inacceptables", réagit DJ Willer, militant guadeloupéen d'origine bordelaise, et créateur de "Dom Connexions".

Si la manifestation n’a pas été autorisée, c’est surtout à cause de la contrainte de temps. Le meeting était prévu depuis la semaine dernière, mais les délais pour obtenir une autorisation sont rallongés en cette période de crise sanitaire. Ils peuvent atteindre jusqu’à deux mois d'attente. Or, Dom Connexions voulait agir vite, en réaction au "procès chlordécone" qui pourrait être prescrit, a-t-on appris la semaine dernière. 

"On n'est même pas 40 !"

Très vite, les personnes présentes, ont été poussées vers la sortie par les forces de l'ordre. Même si certains ont tenté de faire de la résistance. Leurs noms ont par la suite été relevés par les gendarmes. DJ Willer, quant à lui, a été conduit au commissariat le plus proche, car "il n'avait pas ses papiers d'identité" nous a confié une manifestante, se basant sur les propos d'un officier de police. 

Majoritairement, les manifestants sur place ont semblé comprendre l'interdiction des forces de l'ordre, et ont réagi avec calme. Mais ils dénonçaient surtout un manque de mobilisation de la part des Antillais en métropole. "Il n'y a personne, on n'est même pas 40 !", regrette Roméo, originaire de Guadeloupe. "C'est facile de soutenir derrière son écran d'ordinateur... Mais la seule façon de montrer qu'on est là, c'est d'être présents à ce genre d'événement", a-t-il poursuivi. 

Le petit cortège s'est ensuite rendu au commissariat du 7e arrondissement pour apporter son soutien à DJ Willer, en attendant sa sortie. Signe que ceux qui étaient présents, ont tenté de se montrer solidaires jusqu'au bout. 

 

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