Affaire Pirbakas : gare à l'amalgame

Par 24/06/2020 - 16:00
01/01/2020 - 00:00

La polémique autour de la prise de position de la députée européenne Maxette Pirbakas contre le texte reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité a fait naître de nombreux débats ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Mais elle a aussi révélé les nombreux conflits qui continuent de diviser la population Guadeloupéenne. Beaucoup ont condamné le vote de la députée européenne mais certains ont fait l'amalgame avec les Guadeloupéens d'origine indienne.

    Affaire Pirbakas : gare à l'amalgame

Dans une tribune commune, plusieurs personnalités s'insurgent. Parmi les signataires on trouve, Frantz Gobaly de l'Association Saravanam,Olivier Mounsamy, Elie Shitalou de Sanatan Dharma Samaj, Cheddi Sidambarom et  Eliézère Sitcharn du Comité du Premier Jour.

Ils dénoncent la position de Maxette Pirbakas mais aussi les attaques racistes dont sont victimes les Guadeloupéens d'origine indienne depuis le début de cette polémique. Ils ne veulent pas d'amalgame entre  les choix de la députée européenne et les "Indo-descendants ", rappelant que la société Guadeloupéenne est diverse et multiculturelle.

« Non à l’amalgame ! Non au déni de l’histoire ! L’histoire est ce long fil sur lequel, nous citoyens, inscrivons individuellement et collectivement, nos efforts pour une histoire commune, un « vivre ensemble ».

Les signataires expliquent être indignés non pas en raison d'une origine mais en tant qu'êtres humains.

« Qu’importe le vote ! Ce qu’il convient de constater, c’est qu’elle n’a pas voté en faveur de la résolution. Et tout comme l’ensemble des guadeloupéens, nous sommes indignés ! C’est une véritable insulte aux Guadeloupéens, à tous les Guadeloupéens, directement issus de l’esclavage ou non. C’est une insulte à l’Humanité ! Qu’elle ait été présente ou pas ou que ce soit son président de groupe qui a procédé au vote mais c’est en son nom que le vote a été enregistré. L’appartenance politique de Mme PIRBAKAS préfigure tous ses votes, d’aujourd’hui et de demain. Ne pas voter en faveur de l’initiative de Younous Omarjee, revient à nier l’Histoire notamment celle de la Guadeloupe ; l’Histoire des peuples arrachés, des peuples déracinés, des peuples transplantés ! »

Les signataires précisent également

« Ce qui nous dérange et nous offusque, c’est ce double déferlement contre les guadeloupéens et contre les guadeloupéens d’origine indienne. Pour rappel, si les personnes d’origine indienne se disent guadeloupéens, pour de trop nombreux autres compatriotes y compris les médias, ces personnes font parties de la « communauté indienne » et non du peuple guadeloupéen … mais jusque-là c’est tolérable, car des communautés, il y en a partout et pas forcément celles axées sur les origines. Mais, en tant que guadeloupéens d’origine indienne, nous sommes tout aussi indignés par la malhonnêteté de certains de nos compatriotes, voulant laisser entendre que tous les « indo-descendants » guadeloupéens partageraient les idées et positions de Mme Pirbakas, parce que ne se sentant pas concernés par l’esclavage. Tous les guadeloupéens ne sont pas d’extrême droite et donc, il en est de même pour les personnes d’origine indienne. »

Dans cette tribune, ils rappellent que cette histoire tragique commune est aussi le socle du « peuple Guadeloupéen ».

« Une fois de plus, nous mettons en garde tous ceux qui veulent semer la division au sein du peuple Guadeloupéen. Nous devons poursuivre ensemble la construction de notre pays, du péyi Gwadloup, ne l’oublions jamais ! Ensemble, nous sommes plus forts ! »

 

 

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