Deux Guadeloupéens sur cinq sont en privation matérielle et sociale

Par 17/12/2020 - 11:34
01/01/2020 - 00:00

Ce mercredi, l’INSEE a diffusé sa dernière publication intitulée « Conditions de vie en Guadeloupe en 2018 ». Elle révèle que 41% de la population est en situation de privation matérielle et sociale. Sept Guadeloupéens sur dix déclarent ne pas pouvoir faire face à des dépenses imprévues.

    Deux Guadeloupéens sur cinq sont en privation matérielle et sociale

Vivre sous nos latitudes fait rêver beaucoup pourtant les conditions de vie semblent plus difficiles en Guadeloupe comparativement à l’Hexagone. La dernière publication de l’INSEE intitulée « Conditions de vie en Guadeloupe en 2018 » révèle ainsi qu’en 2018, près de 151 000 Guadeloupéens, étaient ainsi en situation de privation matérielle et sociale, soit 41 % de la population. Des ménages qui au quotidien, disaient ne pas avoir les moyens de partir en vacances, s’acheter des vêtements neufs ou encore pratiquer une activité de loisir régulière.

Selon l’INSEE, la privation touche davantage les personnes sans emploi, faiblement qualifiées et les familles monoparentales.

Les personnes nées dans un DOM sont plus exposées à la privation que les personnes nées en France métropolitaine.

La situation de privation matérielle et sociale révélée par la publication de l’Institut National de la statistique et des études économiques est très proche de celle de la Martinique (38 %) et de La Réunion (40 %). En revanche, cette situation est nettement plus défavorable en Guyane où 50 % de la population est en situation de privation.

En France métropolitaine, le taux de privation qui s’établit à 13%, est près de trois fois plus faible. En outre, plus de la moitié (57 %) de la population de l’Hexagone déclare ne subir aucune privation contre seulement 17 % en Guadeloupe.

La privation sévère touche trois fois plus les Guadeloupéens que les métropolitains

Les Guadeloupéens sont trois fois plus touchés par la privation sévère que les Hexagonaux respectivement 22 % et 7 %.  Selon l'INSEE, cette situation s'explique par des éléments structurels tels que le taux de pauvreté qui est deux fois et demie plus élevé en Guadeloupe qu’en France hexagonale et le taux de chômage  de 21 % dans l'archipel  contre 8 % en France métropolitaine. 

Avec un marché du travail plus étroit, il existe un fossé entre l'offre et la demande à l'origine d'une situation non concurrentielle et donc d'un coût de la vie plus élevé. Les prix sont plus élevés de 12,5 % en Guadeloupe par rapport à la France hexagonale. 

L'absence de diplôme joue un rôle déterminant 

L'absence de diplôme reste un facteur déterminant et les privations sont plus fortes selon la catégorie professionnelle. Ainsi, les employés et ouvriers sont plus touchés par la privation matérielle ou sociale que les cadres supérieurs. 

Mais l’emploi n’est pas une garantie absolue : une personne en emploi sur quatre y est confrontée malgré une source de revenu stable.

Les femmes plus touchées que les hommes

L'étude révèle que ce sont les familles monoparentales qui sont plus touchées par la privation (53 %) comparativement aux  personnes seules (46 %) et  les couples avec (32 %) ou sans enfant (28 %).

Plus souvent en situation de monoparentalité, les femmes sont plus concernées (45 %) que les hommes (37 %).

Les jeunes, très touchés par le chômage et occupant des emplois souvent précaires, constituent eux-aussi un public très touché par les privations . Ainsi, 47 % des 16 à 29 ans sont en privation. 

La perception des besoins participe au sentiment de privation ou non. Avec un taux de 37%, les personnes de 75 ans ou plus sont les moins exposées à la privation. Elles ont eu plus de temps pour capitaliser et sont plus souvent propriétaires de leur logement (89 %).

Enfin, les personnes nées en France hexagonale sont moins en situation de privation.  Souvent plus diplômées et venues en Guadeloupe pour des emplois plus qualifiés, 23 % d'entre elles présentent une situation de privation contre 43% pour les personnes nées dans les DOM et 52% pour les personnes nées à l’étranger.

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