Handicapé, radié de son poste, Fabrice poursuit l'ex-conseil général

Par 07/03/2016 - 17:53 • Mis à jour le 07/03/2016 - 17:53

Fabrice Saint-Louis, un ancien agent territorial handicapé a décidé de faire appel à la Justice dans un dossier l'opposant à l'ancien conseil général. Radié vraisemblablement pour abandon de poste, Fabrice y voit un acte de discrimination. Néanmoins, l'histoire de cet agent territorial fait transparaître un point : la Guadeloupe comme le reste de la France est en retard en matière d'accessibilité.

    Handicapé, radié de son poste, Fabrice poursuit l'ex-conseil général
Fabrice Saint-Louis sera opposé au conseil général devenu le conseil départemental au tribunal administratif de Basse-Terre ce jeudi 10 mars 2016.

L'homme aurait été radié par la collectivité de ses attributions de fonctionnnaire territorial depuis le 1er juillet 2014. La collectivité lui reproche d'avoir abandonné son poste.

"Du coup, j'ai sollicité l'aide de mon avocat pour que l'on puisse faire un recours en annulation par rapport à cette décision. Elle nous parait injustifiée", a-t-il indiqué sur les ondes de RCI Guadeloupe ce lundi 7 mars.

Selon cet agent, sa mise à pied serait en réalité un acte de discrimination. La collectivité départementale n'aurait mis en œuvre aucun aménagement permettant son accès et son intégration professionnels.

Ce point, Fabrice Saint-Louis l'illustre avec un épisode qui l'a visiblement marqué. Il se serait vu attribuer des missions de manutention au quatrième étage, sans ascenseur. Un comble pour l'intéressé.

"Des tâches de manutention pour moi c'était vraiment compliqué et délicat. Mais, on me faisait comprendre que les choses allaient changer, que l'on allait adapter mon poste (...) Il y avait une volonté quelque part de ne pas m'accompagner".

L'histoire de Fabrice pourrait être celle de d'autres handicapés vivant en France. Car la Guadeloupe à l'instar des autres départements français ne fait pas figure d'exemple en matière d'accessibilité.

En juin 2015, Marie Prost-Coletta, déléguée ministérielle à l'Accessibilité avait même dû se rendre dans notre département en quatrième vitesse. Pour cause : aucun dossier Ad'ap (Agenda d'accessibilité programmée) n'avait été déposé. Cet agenda s'adresse aux acteurs du secteur public ou privé. Dans ce dernier, les établissements s'engagent à réaliser des travaux dans un certain délai.

Conscient de cette carence présente sur tout le territoire français, le Sénat a adopté définitivement, le mardi 21 juillet 2015, un projet de loi prévoyant de nouveaux délais pour la mise en accessibilité des lieux publics. L'Ad'ap s'inscrit donc dans ce cadre.

Mais, notre pays reste encore en queue de peloton des nations ayant ratifié la Convention sur les droits des personnes handicapées.

Fabrice Saint-Louis, lui, continue son parcours professionnel. Il a créé sa structure pour donner une véritable visibilité aux personnes à moibilité réduite.