Les influenceurs passent-ils au travers des motifs impérieux ?

Par 19/03/2021 - 08:45 • Mis à jour le 19/03/2021 - 08:35

Stars de la télé-réalité, blogueurs du voyage ou simples "instagrameurs", nombreux sont ceux qui s'affichent en ce moment sur les réseaux sociaux en Guadeloupe, pour vanter les mérites de lieux, produits ou infrastructures de notre département. En provenance de l'Hexagone, pour la grande majorité, ils sont passés outre les motifs impérieux, alors que le décret ne semble pas l'autoriser.

    Les influenceurs passent-ils au travers des motifs impérieux ?

Prévus pour être sélectifs afin de limiter les brassages de population, les motifs impérieux n'autorisent les déplacements que dans des cas très précis. Mais certains n'ont visiblement aucun mal à voyager, à en juger par le grand nombre d'influenceurs qui viennent en Guadeloupe ces derniers temps.

Sur les plateformes en ligne, personne ne se cache de cette présence. Par exemple, en ce moment, deux anciens candidats d'une célèbre émission de télé-réalité de TF1 sont en séjour dans nos îles et en font largement la promotion sur leurs réseaux sociaux à grands coups de vidéos au coucher du soleil, de photos de bronzette à la plage ou autre activités en bord de mer.

À ceux-là s'ajoutent de nombreux blogueurs et "instagrameurs", notamment spécialisés dans le voyage, pour la grande majorité entrés après le 1er février, qui était la date de réinstauration des fameux motifs impérieux.

Activité professionnelle indispensable?

On sait que ces personnes gagnent de l'argent en faisant la promotion de lieux, de produits et de tout ce qui peut être vanté, singulièrement sur Instagram, mais cela constitue-t-il une justification suffisante pour voyager librement ? Si on s'intéresse au décret en vigueur, on peut se poser la question car dans ce cadre, ne sont normalement autorisés dans les déplacements professionnels que ceux considérés comme « indispensable à la poursuite d'une activité économique qui ne peut être différé et dont le report ou l'annulation aurait des conséquences manifestement disproportionnées ». On est a priori loin d'une telle envergure dans ces cas précis et cela interroge sur le risque pris dans un contexte de crise sanitaire mondiale. 

La tendance laisse néanmoins penser que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Une étude de l'agence de communication Interface Tourism publiée début mars, et réalisée auprès de 50 influenceurs français, a révélé que 44 % d'entre eux ont continué à voyager en 2020, grâce à leur partenariats, et ce malgré les contraintes en vigueur. 

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