TRANCHES D'HISTOIRES : Le procès Mahaudière d'Anse-Bertrand

Par • Mis à jour le 24/03/2018 - 16:35

Au cours de l'année 1840, un procès a marqué l'histoire de la Guadeloupe de part les faits révélés et la décision rendue par le tribunal de l'époque. Celui d'un propriétaire d'Anse-Bertrand acquitté après avoir séquestré et torturé une de ses esclaves, témoin d'un meurtre. L'affaire en avait outré plus d'un à la veille de l'abolition de l'esclavage.

    TRANCHES D'HISTOIRES : Le procès Mahaudière d'Anse-Bertrand
Avant de devenir une importante sucrerie, la propriété disposait, vers 1770, d’une vaste cotonnerie et de cases d’esclaves. Le propriétaire agrandit ensuite l’habitation et commence à produire du sucre jusqu’à la Révolution. En 1828, 147 esclaves travaillent sur l’habitation, qui s’étendait sur 145 hectares.
 
 
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Une affaire a ensuite défrayé la chronique judiciaire en 1840, quelques années avant l’abolition de l’esclavage. Jean-Baptiste Douillard Mahaudière, propriétaire de l’habitation éponyme, « honorablement connu dans le pays » est arrêté sur dénonciation et poursuivi pour séquestration et torture. Il est accusé par une de ses esclaves, Lucille, d’avoir empoisonné sa femme, officiellement morte de la dysenterie.

 

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Pour éviter qu’elle ne parle, l’homme avait séquestré Lucille, enfermée pendant près de deux ans (22 mois) dans un cachot sans lumière, les pieds et mains enchaînés. Jean-Baptiste Douillard Mahaudière, soutenu par beaucoup d’autres propriétaires de la commune et de Guadeloupe, est finalement acquitté. L’affaire fait d’autant plus scandale qu’une série de procès identiques sont intentés en 1841 contre des maîtres jugés pour incarcération abusives et mauvais traitements.

 

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Aujourd’hui un site au même endroit tire son appellation de son propriétaire de l’époque, on peur encore voir les vestiges du moulin, ceux de la cheminée de la sucrerie et une partie de la maison du maître. Ce dernier fixa involontairement ou pas l’attention sur la Mahaudière avec son histoire judiciaire.

 

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Située à la sortie de la section de Campêche, la Mahaudière était une distillerie et une vaste sucrerie classée parmi les entreprises de moyenne importance au XIXè siècle, avec une production moyenne de 365 hectolitres de rhum par an, dans le courant des années 20.

 

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A quelques dizaines de mètres des vestiges de la distillerie, près d’une grande mare où s’ébrouent des poules d’eau, se trouve la base de loisirs de la Mahaudière avec un parcours sportif, un boulodrome et une aire de pique nique. On peut également y voir comment jadis étaient construites les cases en gaulette.

 

Sources & images : Office du Tourisme Anse-Bertrand, Guide des Faits Divers Antilles G.Gardebled/G.Martial, Mémoire et Histoire de l'Esclavage