TRANCHES D'HISTOIRES : la révolte de la mare au punch

Par 02/06/2018 - 18:15 • Mis à jour le 02/06/2018 - 18:15

La mare au Punch à Grand-Bourg a été le théâtre d’un événement majeur et sanglant qui a marqué l’histoire de Marie-Galante. Lors des élections législatives de 1849, les forces de l'ordre réprimèrent, au morne Rouge anciennement nommé Tartenson, les affranchis qui s'opposaient à la fraude organisée par les grands planteurs.

    TRANCHES D'HISTOIRES : la révolte de la mare au punch

À Marie-Galante, l'abolition définitive de l'esclavage de 1848 fut fêtée pendant trois jours et trois nuits autour de la mare de l'Habitation Pirogue. Mais, ces changements importants ne marquèrent pas la fin des violences liée à l’amertume des anciens propriétaires. Un événement marquant intervient dans la nuit du 24 au 25 juin 1849 soit une année après l’abolition de l’esclavage lors de la première élection législative à laquelle participent les nouveaux affranchis.

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Dès le matin, les électeurs se sont massés aux abords de la Mairie, attendant impatiemment l’ouverture du bureau. Deux listes antagonistes s’opposent alors : celle de Victor Schœlcher et Perrinon, abolitionnistes et celle de Bisset et Richard, soutenus par Théophile Botereau, Roussel Bonneterre, vieille famille de Marie-Galante, propriétaire de l'usine de Pirogue mais aussi maire de Grand Bourg campagne. 

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Le maire a demandé qu’il soit distribué des bulletins. Mais certains nouveaux électeurs méfiants, préfèrent attendre l’arrivée du secrétaire du comité républicain Jean-François Germain. Au cours de l'élection, ce dernier, ancien esclave affranchi, se rend compte d’une supercherie dans les bulletins de vote et les déchire. Il est arrêté et emprisonné sous escorte à Grand-Bourg. Les seuls bulletins distribués aux nouveaux affranchis illettrés, n’étaient en réalité qu’au nom de Bisette et Richard, partisans du maire en place.  

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Une heure plus tard, la commune est assaillie par une foule surexcitée et assoiffée de justice. Le Maire fait appel à la troupe pour s’emparer de l’urne mais il est suivi par la population en colère. Au Morne Tartenson, le capitaine de troupes, excédé par les cris et l’entrave de la route, ordonne à ses hommes de faire feu. Plusieurs manifestants perdent la vie.

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En représailles, la mairie est brûlée. La population déverse dans la mare, toute la production de sucre et de rhum de l’usine de Pirogue d’où l’appellation « mare au Punch ». Le maire et sa famille prennent la fuite. Depuis ces faits dramatiques, le Morne Tartenson est appelé Morne Rouge en hommage au sang versé. Il faudra attendre jusqu’à 1920 pour que des descendants d'esclaves deviennent propriétaires d'une sucrerie à Marie-Galante.

 

 

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