TRANCHES D'HISTOIRES : l'affaire Georges Faisans

Par • Mis à jour le 13/01/2018 - 16:07

Tranches d'histoires s'intéresse aujourd'hui à une affaire qui avait bousculé la Guadeloupe. Celle de Georges Faisans, un professeur qui avait en 1984 agressé un collègue car outré par son comportement raciste envers un élève. Inquiété par la suite par la Justice, sa situation avait suscité un mouvement de révolte de la population sur tout le département.

    TRANCHES D'HISTOIRES : l'affaire Georges Faisans

Georges Faisans est né à Pointe à Pitre en 1936, il était un professeur en Algérie dans les années 1960. Installé en Guadeloupe en 1984, il agresse et frappe du plat d'un coutelas Jean Wacheux, un collègue blanc au Lycée de Baimbridge, qui avait donné un coup de pied à un élève de couleur noir. Il faut savoir que Georges Faisans était un militant du Mouvement Populaire pour la Guadeloupe Indépendante. Suite à son acte contre un comportement racial, il a été condamné à une durée de trois ans d’emprisonnement et incarcéré ensuite en Guadeloupe. Refusant cette sentence qu’il juge injuste, il entame une grève de la faim le 3 juin 1985 en guise de protestation à l’exclusion raciale des écoliers de couleur noire ainsi qu’à la subjectivité juridique face au racisme.

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Le 25 juin, la décision de son transfère à la prison de Fresnes en France est décidée. Il est alors placé dans le quartier réservé aux grévistes de la faim, où il poursuit son mouvement de protestation. Sa sœur affirma dans les médias qu'il était en train de mourir, cela déclencha de violentes manifestations et blocages dans toute la Guadeloupe aux cris de « Lagé Fézan ! ». Le 10 juillet, après plusieurs pressions populaires, le procureur Valère accepte en Guadeloupe la libération de Georges Faisans, décision qui a été refusée par les juges français. Chérubin Céleste, choqué par la décision des juges français, lancé un appel à la masse populaire pour soutenir Georges Faisans. Il participe au blocage de la rue Frébault avec plusieurs militants du Mouvement Populaire pour la Guadeloupe Indépendante tels que Djota, Gaston, Awadou Woz wojé et Marigwadlouop.

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Le 20 juillet 1985, le MPGI organise plusieurs rencontres et protestations, qui mènent à un déclenchement d’une grève de faim collective devant le Centre des Arts, comme action de soutien de la cause de Georges Faisans et cela avec la participation de plusieurs personnes populaires comme Aline Bolle, Francine Lande Claude de Vipart, Marigwadlouo.

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Le 22 juillet, plusieurs organismes politiques et syndicales ripostent à la condamnation de Georges Faisans et décident de se mobiliser contre le jugement de Georges Faisans qu’ils trouvent cynique, injuste et raciste de la part de la Justice Française.

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Des affrontements sévères entre les manifestants et les forces de l’ordre vont avoir lieu un peu partout : des blocages de circulation sont érigés aux sorties de Pointe-à-Pite et sur d’autres routes. Le 24 juillet, la situation n’est plus contrôlable et devant le risque d’instabilité voir de guerre civile, le gouvernement français décide de libérer Georges Faisans le 29 juillet 1985, après une période de 56 jours de grève de la faim.

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Quelque temps après ces manifestations, Georges Faisans s’exile au Burkina Faso avant de revenir en Guadeloupe. Il a été dénommé le père nationaliste par ses soutiens, encore aujourd’hui considéré comme étant le père des « mouvements pauvres » et initiateur actif de la « Théologie de la libération ». En 1995 Georges Faisans rentre en France, le 26 novembre, il décèdera à Vincennes.

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Sources & images : guadeloupe.net,Wikipédia,France-Antilles archives,leBlogd'Erika,GettyImages