TRANCHES D'HISTOIRES : le crash de 1962 à Deshaies

Par 23/06/2018 - 17:08 • Mis à jour le 23/06/2018 - 17:08

103 passagers périssaient dans ce crash survenu le 22 juin 1962 dont 3 personnalités politiques, le Guadeloupéen Albert Béville, l’un des leaders du Front Antillo-Guyanais pour l’Autonomie, le député autonomiste guyanais Justin Catayé et Roger Tropos, président de l'association des étudiants martiniquais. Cette tragédie est restée gravée dans la mémoire des antillais et guyanais, d’autant que ses causes n’ont jamais été éclaircies.

    TRANCHES D'HISTOIRES : le crash de 1962 à Deshaies

Le vol 117 d'Air France est un vol reliant Paris à Santiago (Chili) via Lisbonne (Portugal), Santa Maria (Açores), Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Bogota (Colombie) et Lima (Pérou). Le vol du 22 juin 1962 assuré par le Boeing 707 immatriculé F-BHST s'écrase sur le morne du Dos d'Âne à Deshaies en Guadeloupe, alors qu'il est en approche sur l'aéroport du Raizet de Pointe-à-Pitre, provoquant la mort des 103 passagers et des dix membres d'équipage. Le Boeing 707, immatriculé FBHST et baptisé Château de Chantilly, avait été livré à Air France quelques mois plus tôt, en mars 1962. C'était l'un des 18 Boeing 707 qu'exploitaient alors la compagnie. L'avion n'affichait que 963 heures de vol. Il avait fait l'objet d'une inspection la semaine précédente.

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L'avion décolle de l'aéroport d'Orly à minuit, heure locale. À l'escale de Lisbonne quelques passagers descendent et huit autres embarquent. Après une nouvelle escale aux Açores, l'avion se dirige vers la Guadeloupe, où il arrive de nuit, vers 4 h du matin. Le temps est orageux, avec des éclairs, de la pluie et des vents de 30 à 40 nœuds. L'avion fait une première approche vers la piste dans des nuages bas mais a semble-t-il des problèmes avec son train d'atterrissage. Il survole la piste et fait alors un demi-tour sur la gauche, selon la procédure d'approche interrompue. L'équipage s'annonce à la verticale de la balise NDB à 5000 pieds, puis la communication avec la tour de contrôle est perdue et quelques minutes plus tard, l'avion heurte la montagne dite du Dos d'Âne, à environ 420 mètres d'altitude, dans une zone boisée à 23 kilomètres de l'aéroport.

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Les dix membres d'équipage et les 103 passagers, principalement français et sud-américains, sont tués. Parmi eux Albert Béville (alias Paul Niger, écrivain, administrateur et militant politique), Justin Catayéé, député de Guyane, Jorge Gaitán Durán, écrivain colombien. L'écrasement de l'avion n'a pas fait de victimes au sol. Les causes exactes de l'accident restent à ce jour, inconnues.

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Le crash s'est produit sous un orage mais dans des conditions météorologiques acceptables pour un quadriréacteur comme le Boeing 707. L'aéroport n'était à l'époque pas équipé d'ILS et son VOR était hors service, impliquant une procédure d'approche NDB, moins précise. Le morne du Dos d'Âne se situe dans l'axe de la piste d'atterrissage mais à 23 km du seuil de piste, loin de la trajectoire d'approche. Il est possible que les indications du radiocompas (ADF) aient été perturbées par l'orage, faisant dévier l'avion à 15 km de la trajectoire nominale.

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La présence à bord de plusieurs personnalités politiques partisanes de l'autonomie des Antilles et de la Guyane françaises, dont Albert Béville et Justin Catayée, ont donné lieu à la rumeur d'un sabotage ou d'un attentat. Si la thèse de l’attentat n’a pu être démontrée, celle de l’accident a laissé des doutes. Sur ce site, des stèles commémoratives rappellent la catastrophe. Elles ont été érigées, en mémoire des victimes, dédiée à Justin Catayé et celle en hommage à Albert Béville pour le cinquantenaire de l'événement. Des débris d'avion témoignent encore de la violence du choc.

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Sources&images: OfficedutourismeGuadeloupe,Uneautrehistoire(ClaudeRibbe), Wikipédia,