TRANCHES D'HISTOIRES : le séisme de 2004

Par • Mis à jour le 09/12/2017 - 16:29

"Tranches d'Histoires" revient aujourd'hui sur un évènement qui a durement frappé la Guadeloupe notamment le sud de l'île. Les saintes avaient en effet été particulièrement touchées par un séisme de magnitude 6.3 sur l'échelle de Richter.

    TRANCHES D'HISTOIRES : le séisme de 2004

Le dimanche 21 Novembre 2004 à 07h41 (heure locale), un séisme de magnitude 6.3 a secoué la Guadeloupe. L’épicentre se situait au Sud de l’Archipel entre les îles des Saintes et la pointe Nord de la Dominique (Fig. suivante). La secousse a fait une victime à Trois-Rivières et des dégâts importants aux Saintes. Le séisme a été ressenti dans un rayon de plus de 200 km autour de l’épicentre. Il a été suivi d’un nombre très important de répliques (près de 1300 séismes enregistrés dans les heures qui ont suivi la secousse principale). L’épicentre se situait au Sud de l’Archipel entre les îles des Saintes et la pointe Nord de la Dominique.

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En Guadeloupe, les intensités ont été évaluées par le Bureau Central Sismologique Français (BCSF) entre le 24 Novembre et le 1er Décembre à partir de formulaires d’enquêtes macrosismiques collectifs (diffusés aux Mairies, Gendarmeries et Centres de Secours) et de formulaire individuel en ligne. Cette enquête préliminaire a permis d’obtenir une carte sur laquelle est figurée une estimation de la valeur moyenne de l’intensité sur l’ensemble de la commune. Il s’agissait d’un séisme intraplaques situé sur un système de failles normales allant des Saintes au Nord de la Dominique.

 

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Ce séisme du dimanche 21 Novembre s'est produit dans l'arc des petites Antilles. L'Observatoire du Houelmont a localisé l'épicentre en mer entre l'île de la Dominique et les îles des Saintes, au sud de la Basse Terre de Guadeloupe, à environ 15° 47' de latitude nord et 61° 28' de longitude ouest (localisation par le réseau sismique des Antilles, observatoire du Houelmont, Guadeloupe).

 

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Dans un communiqué de presse du Ministère de l’Outremer, concernant les dommages aux infrastructures, de nombreux axes routiers restent coupés en raison d’éboulements à Gourbeyre et à Vieux Fort. A Gourbeyre et Saint-Claude 3 ponts doivent faire l’objet d’une expertise. La route d’accès à la deuxième chute du Carbet a été fermée à cause de la chute d’un rocher de 110 m de hauteur. La route d’accès au volcan de la Soufrière a été interdite en raison d’un affaissement de la chaussée et d’importants éboulements. La route qui relie Grande Anse et Petite Anse a été affectée. La route du Sud a été fermée en raison de forts éboulements. Le pont du Galion est sérieusement fissuré. Le pont de Petit-Bourg est aussi fissuré.

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Le séisme, situé entre le platier des Saintes et l'ancien volcan sous-marin, éteint, du Colibri, semble avoir rompu une faille normale récemment interprétée comme active.Il ne s'agit donc pas d'un séisme de subduction, à l'interface entre la plaque Caraïbe et la plaque Amérique du Nord, qui convergent à la vitesse de 2 cm/an.Dans les jours qui ont suivi, le choc principal a été suivi de plus de 500 répliques, dont l'une de magnitude voisine de 5.4. D'autres répliques, de taille décroissante, et en nombre décroissant, se sont succédées dans les jours et les semaines suivantes.

 

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Sa magnitude est de 6.3 sur l'échelle de Richter. C'est le tremblement de terre le plus important enregistré dans l'archipel de la Guadeloupe depuis plusieurs décennies. Le tremblement de terre a été suivi le même jour par deux fortes répliques à 13 h 36 GMT Magnitude 4.9 et à 18 h 53 magnitude 5.3. Au total selon l'Observatoire volcanologique de la Guadeloupe, se sont plus de 1.700 répliques, d'amplitude décroissante, qui ont été enregistrées en 4 jours. Ce tremblement de terre a duré plusieurs secondes et a été ressenti jusqu'à Antigua et Barbuda, soit environ 200 kilomètres (125 milles) au nord de l'épicentre.

Sur les biens Il a causé des dégâts importants aux Saintes (Terre de bas), à Basse Terre, et à la Dominique Proche de l'épicentre du séisme, tous les habitants des Saintes ont durement ressenti les secousses. L'île de Terre-de-Bas est la plus touchée et a subi d'importants dégâts matériels.

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Le fronton de l'Eglise Saint-Nicolas s'est écroulé. D'importantes fissures lézardent les murs de la mairie et de plusieurs bâtiments publics. Une quinzaine de maisons ont été détruites et environ 30% des habitations sont fissurées. Le chef-lieu de Basse-Terre a lui aussi été fortement secoué par le séisme. La route de Vieux-fort a été interdite à la circulation. Le clocher de l'église de Gourbeyre est également touché. Les autorités ont fermé l'édifice A Capesterre-Belle-Eau, on recense plusieurs maisons très endommagées, menaçant de s'effondrer et un pont en pierre, entre Capesterre et Trois-Rivières, s'est effondré dans la nuit. Des observations locales suggèrent l'occurrence d'un petit raz de marée, compatible avec un affaissement local du fond marin.

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Selon EDF, un millier de foyers sont demeurés privés d'électricité dimanche à mi-journée. 55% des abonnés étaient coupés à Terre-de-Bas, où est installée la centrale électrique de l'archipel des Saintes. Le câble sous-marin qui relie Terre de Haut à Terre-de-Bas a été endommagé par le séisme. Par conséquent, les abonnés de Terre-de-Haut sont également privés de courant. Le réseau téléphonique, a lui aussi été fortement perturbé par les tremblements de terre. Lundi, tous les établissements scolaires ont été fermés. Les responsables ont été invités à dresser un état des lieux afin de prendre les mesures nécessaires pour les prochains jours.

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En Dominique, Selon John Minsch, sismologue du Service américain d'information sur les séismes, l'épicentre était situé à environ 45 km au nord-ouest de la Dominique, où on ne fait pas état de victimes. La façade d'une église s'est effondrée sans faire de victime à Portsmouth, 40 km au nord de la capitale de l'île, Roseau. L'hôpital de Roseau a également subi des dégâts et des patients ont dû être évacués. Plusieurs maisons et bâtiments ont été endommagés dans la partie nord de cette ancienne colonie britannique, dont trois églises. Dans la moitié nord de l'île 70.000 résidants ont été privés d'électricité parce que le tremblement de terre a endommagé un transformateur.

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Sur les personnes Le séisme a provoqué la mort d'une jeune fille, à Trois rivière, touchée par un pan de sa maison qui s'est écroulée, tandis que sa sour est dans un état grave. Un mini-tsunami a frappé la côte, la mer se retirant d'une dizaine de mètres avant de revenir brutalement. Du côté de Trois Rivières, un pêcheur a senti simplement sa barque tanguer. A Terre de haut, selon une résidente, la mer s'est retirée assez loin et elle a vu un gros rocher se découvrir entièrement alors qu'en temps normal il est partiellement visible de la plage. Puis la mer est revenue par bonds successifs

Il faut savoir que la Guadeloupe est située en zone III c'est à dire à forte sismicité tout comme la Martinique. Cette activité est liée à la subduction de la plaque nord-américaine et de la plaque des Caraïbes à raison de 2 cm par an vers l'arc volcaniques des Antilles. La croûte océanique Atlantique plonge sous la plaque Caraïbe, soulevant la bordure de cette dernière et y faisant émerger des îles volcaniques et sédimentaires de l'arc des Petites Antilles.

 

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L'île a connu des séismes destructeurs. En effet les premiers Européens avaient noté, dès le XVIIe siècle, la fréquence des tremblements de terre, ils ont laissé des récits à la fois méticuleux et terrifiants sur le grand séisme de 1669 à la Guadeloupe. Un autre événement s'est produit en 1735. Plus tard au XIXe siècle, il y a eu celui de 1810, puis du 8 février 1843 d`une magnitude de 7,5 qui résultait de l`affrontement des deux plaques tectoniques Caraïbe et Amérique du Nord et où Pointe-à-Pitre fut entièrement détruite, ce séisme aurait fait 3 000 victimes. Il existe aussi une sismicité locale intra-plaque liée à l'activité des failles dans la plaque Caraïbe ; ce sont les séismes de magnitude moins importante mais susceptibles d'affecter des zones habitées : 1851 au large de Capesterre, 1897 à l'aplomb de la zone de Jarry. À cela s'ajoute l'activité sismique du volcan liée sa dynamique interne, avec des séismes de moindre amplitude.

 

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Au XXe siècle , le 16 mars 1985, un séisme d'une magnitude de 6,2 avait fait six blessés et des dégâts légers à Pointe-à-Pitre. La présence d'alluvions dans ces îles favorise les phénomènes de liquéfaction. Et les glissements de terrain sont aussi très fréquents. L'habitat est précaire, ce qui peut rendre les séismes encore plus destructeurs et meurtriers.

 

Sources et images : e-cours.univ-paris1.fr,pedagogie.ac-guadeloupe.fr,www.ipgp.fr/fr,