TRANCHES D'HISTOIRES : l'éruption volcanique de 1976

Par • Mis à jour le 03/02/2018 - 15:10

"Tranches d'Histoires "s'intéresse aujourd'hui à un événement qui a marqué les esprits il y a plus de 40 ans. Devant l’imminence d’une puissante explosion de la Soufrière en Guadeloupe, 73 000 habitants de Basse-Terre étaient évacués le 15 août 1976. L’éruption du volcan, tant redoutée, intervenait le lendemain.

    TRANCHES D'HISTOIRES : l'éruption volcanique de 1976
La Soufrière, surnommée « vié madanm la » en créole guadeloupéen, littéralement « la vieille dame » en français, est un volcan en activité situé sur le territoire de la commune de Saint-Claude en Guadeloupe, dans le parc national du même nom, dans le Sud de l'île de Basse-Terre. La commune de Basse-Terre, chef-lieu du département et région d'outre-mer, se trouve à une dizaine de kilomètres au sud-ouest et les chutes du Carbet sur son flanc est. C’est le seul volcan actif de l’île, actuellement à l’état de repos éruptif.
 
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La première éruption magmatique explosive de la Soufrière est établie autour du XVe siècle ou peut-être vers 1530 avec plus ou moins 30 ans d'incertitude. La première description de la Soufrière est le fait du père Jacques Du Tertre dans L'Histoire générale des Antilles habitées par les François paru en 1667-1671. En 1797, une éruption phréatique d’importance eut lieu. Il ne peut être exclu que cette éruption-là ait été elle aussi celle d’une nappe captive et non d’une nappe phréatique, c’est-à-dire mise à la pression atmosphérique. Une autre éruption phréatique mineure a lieu en 1956.
 
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La dernière éruption de la Soufrière date de 1976 ; il s'agissait d'une éruption phréatique. Elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit 73 600 personnes sur trois mois et demi. Aucun mort n'a été déploré. Hormis quelques réfractaires « le curé de Vieux-Habitants, qui aurait dû donner l’exemple de la discipline, n’a pas voulu bouger de son église », un cinquième de la population de la Guadeloupe, trouvaient alors refuge au nord de l’île. La puissante explosion, tant redoutée, se produisait finalement le lendemain. Accompagnée d’un tremblement de terre ressenti à 30 km à la ronde, elle ne faisait toutefois pas de dégâts majeurs. L’évacuation sera néanmoins maintenue plusieurs semaines encore en raison de répliques. Il s’agit de la dernière explosion du volcan. À partir de 1975, un certain nombre de tremblements de terre (16 000 séismes et 26 explosions sont répertoriés de 1975 à 1977) ont alerté les sismographes de l'observatoire volcanologique. Ces secousses sont allées en s’intensifiant dans le courant de l’année 1976.

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Dès novembre 1975, le préfet fut averti des dangers potentiels et de la nécessité de mettre en place un plan d’évacuation. La première explosion eut lieu le 8 juillet 1976. Les séismes ont très probablement réactivé une série de failles colmatées par de vieux matériaux (argiles et roches magmatiques). Cette crise de tremblements de terre fut la cause vraisemblable de la baisse brutale de la pression accumulée à l’intérieur d'une nappe captive chauffée, telle une cocotte minute, par les gaz échappés du magma profond, provoquant la pulvérisation de roches, et la sortie de coulées de boues (lahar), de gaz acides et de vapeurs d’eau.
 
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25 000 personnes du sud de Basse-Terre évacuèrent spontanément la zone pour se réfugier vers la Grande-Terre, hors d'atteinte. L’activité volcanique continua encore quelques mois après cette éruption, avec d'autres coulées de boues et émissions de cendres. Le 8 juillet 1976, un important lahar dévale la vallée de la rivière du Carbet sur 3,5 km de longueur. Il a 30 à 50 mètres de largeur et une épaisseur de 15 à 20 mètres. Un second dévale la rivière du Galion le 30 août 1976. Le 15 août, l'évacuation totale et obligatoire du sud de Basse-Terre fut ordonnée. Elle dura jusqu’au 18 novembre 1976. Le réalisateur Werner Herzog parcourut la ville déserte de Basse-Terre durant l'évacuation totale et décrivit la situation et l'attente de la catastrophe avec le court métrage La Soufrière.
 
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Une polémique très médiatisée éclata entre les scientifiques Claude Allègre et Haroun Tazieff sur la nécessité de l’évacuation. Claude Allègre préconisa l’évacuation de la population, affirmant catégoriquement qu'avec l'hypothèse de l'intrusion magmatique, l’éruption serait grave, alors qu'Haroun Tazieff soutint que l’éruption était sans danger, toutes les analyses d’échantillons prélevés sur le volcan établissant qu’il n’y avait pas de montée de magma frais et qu'il s'agissait uniquement d'un phénomène phréatique. Le préfet décida tout de même l’évacuation mais l’éruption ne fit d’autres dommages que matériels.
 
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L’observation de la Soufrière débuta en 1950 avec la création du laboratoire de physique du globe à Saint-Claude, dépendant de l’institut de physique du globe de Paris. Deux sismographes furent installés immédiatement. C’est grâce à cet observatoire que l’éruption phréatique de 1976 fut détectée à l’avance.
 
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En 1989, un observatoire plus moderne fut construit sur la commune du Gourbeyre, à neuf kilomètres au sud-ouest de la Soufrière : l'observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe. Ses missions sont la surveillance de l’activité volcanique de la Soufrière, la surveillance de la sismicité régionale, la participation à des travaux de recherche, l’information préventive sur les risques sismiques et volcaniques.
 
 
 
Sources & Images : Wikipédia, France-Antilles, IPGP(Institut Physique du Globe de Paris), LaCroix