Suicide d'Océane Alger : la banque poursuivie

Par 15/02/2021 - 13:03
01/01/2020 - 00:00

Les proches de l'adolescente, qui s'est donnée la mort il y a bientôt trois ans, demandent que les manquements de l'établissement bancaire, qui n'avait ni réagi à ses inquiétudes ni prévenu sa famille, soient reconnus par la justice.

    Suicide d'Océane Alger : la banque poursuivie
Les parents et les frères et soeurs d'Océane, soudés, au tribunal d'Evry (©AD)

C'est le 8 mars 2018, qu'Océane, jeune martiniquaise de 17 ans, se suicidait en gare d’Évry-Courcouronnes, en région parisienne. Cette lycéenne brillante et sans histoire n'avait pas supporté d'avoir été la victime d'une arnaque aux chèques volés, montée notamment par son petit ami. Un an et demi après le drame, ce dernier avait été condamné à un an de prison avec sursis et à verser 15 000 euros pour préjudice moral.

En octobre dernier, un autre jeune homme, auteur d'un cliché de la dépouille d'Océane qu'il avait diffusé sur les réseaux sociaux, avait été condamné au civil à verser plusieurs centaines d'euros de dommages et intérêts à la famille de l'adolescente. Un peu plus tôt au pénal, il avait écopé d'un rappel à la loi et d'un stage de citoyenneté.

 

"La banque a manqué à ses obligations"
 

Dans cette affaire, il y a un autre responsable  selon les proches d'Océane : sa banque. "Malgré l'alerte auprès de sa conseillère un mois avant son suicide et l'entretien avec le directeur de l'établissement, nous avons pu constater qu'elle n'avait pas été écoutée et que nous, sa famille, n'avions pas été alertés", explique Laurence Alger, la sœur aînée de l'adolescente qui déplore aussi une "déshumanisation" de ce dossier par la banque. "Un mois après sa mort nous avons été informés que son compte était bloqué pour des mouvements liés à une escroquerie et un autre courrier nous a alerté de son découvert, sinon pas de son pas d'image de cette banque depuis trois ans", regrette celle qui dès la mort de sa sœur s'était rendu à l'agence pour avoir des réponses.

Une procédure au civil a donc été lancée et l'audience a eu lieu ce lundi matin, au tribunal d'Evry.

"Il y avait une convention de compte signé entre la mineure, ses parents et la banque qui prévoyait un certain nombre de dispositions permettant ou interdisant de procéder à telle ou telle opération, précise l'avocate de la famille Maître Potin, et elle a pu le faire, ce qui démontre que la banque n'a pas respecté ses obligations en application d'un contrat".

Les proches d'Océane espèrent que les manquements de la banque seront reconnus par une décision de justice et surtout, que le système bancaire puisse prendre la mesure de tels dangers et mette en œuvre à la fois de la prévention et aussi un accompagnement pour gérer ce type de situation.

La décision doit être rendue le 16 avril prochain.

 

 

Ecoutez Laurence Alger, la soeur aînée d'Océane, qui explique l'objectif de cette action au civil contre la banque