Jugé pour avoir été violent avec sa mère et les gendarmes

Par 16/07/2021 - 09:26 • Mis à jour le 16/07/2021 - 09:25

Un quadragénaire était présenté en comparution immédiate pour des violences et menaces sur sa mère et sur des gendarmes, c’était à Sainte-Anne fin mai. L’individu n’avait pas toute sa tête à l’audience, mais l’expert psychiatre qui l'a examiné ces derniers jours l’a déclaré apte.

    Jugé pour avoir été violent avec sa mère et les gendarmes

Les juges plutôt surpris par ce rapport, ont noté une altération du discernement. Un dossier qui reflète surtout les carences chez nous en termes de prise en charge des personnes mentalement instables et de leur responsabilité pénale.

Fabrice 40 ans s’était le 28 mai dernier, rebellé lorsque les gendarmes se sont présentés au domicile de sa mère. Il avait agressé les militaires qui avaient dû le maîtriser par la force, une adjointe avait été mordue dans la bagarre. Auparavant, il avait menacé sa propre mère, avec un tournevis et des pierres. La pauvre femme est dans cette situation depuis 1999, lorsque son fils a commencé à perdre la tête. Il fume du cannabis depuis l’âge de 13 ans et selon l’expert, cette consommation excessive est liée à sa schizophrénie aujourd’hui.

L’homme vit dans un cabanon en construction dans le jardin sur un simple matelas, il s’en prendrait à tout le monde dans le quartier de Douville Sainte-Anne. « Je suis fatiguée, un soir j’ai dû sauter par la fenêtre en pleine nuit, tombant dans le ravin, car il voulait me tuer, j’ai alerté tout le monde, sans réponse, j’ai fais tout ce qu’une mère a pu faire pour son fils » s'est confiée la femme en pleurs. « Il me menace, se drogue sans cesse, demande de l’argent, je n’en peux plus, il va y avoir un drame » a-t-elle ajouté.

A la barre, le prévenu a tenu des propos incohérents. Des voix lui parleraient. Malgré cet état, le psychiatre l’a pourtant déclaré apte à être jugé, à la grande surprise des magistrats et des avocats. La présidente indiquant même être démunie face à ce genre de situation, "la Justice rend des décisions, mais elle ne peut malheureusement pas se substituer pour les obligations de soins et le suivi médical". Le tribunal a donc prononcé 6 mois de prison ferme avec maintien en détention, considérant tout de même une certaine altération mentale avec interdiction d’approcher la victime.

Une situation qui dure depuis des années selon la mère, elle qui a tenté en vain d’interpeller les services sociaux et judiciaires. Un défaut dans notre système qu’ont soulevé les avocats de chaque côté de la barre. Écoutez Maître Nancy Pierre-Louis, pour la partie civile : 

 

 

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