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Voyager dans les Outre-mer : vers une extension des dispenses de visa ?

Des "visas Outre-mer" pour répondre à une vieille revendication des universitaires et des acteurs économiques avides de coopération régionale avec leurs voisins ? Une expression employée par la ministre des Outre-mer Annick Girardin lors d'un discours devant des ambassadeurs mardi soir à Paris.
Par Jean-Philippe Ludon, @jpludonrci
Par Jean-Philippe Ludon, @jpludonrci
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Annick Girardin, la ministre des Outre-mer lors de son discours sur les Trois Océans et les visas Outre mer
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Annick Girardin lors de son discours sur les "visas Outre mer" (capture d'écran de son compte twitter)
La question des visas pour les ressortissants caribéens désireux d'amplifier une coopération régionale avec les territoires français de cette région refait surface. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer dans un discours sur la coopération et l'intégration régionales a parlé de "visas outre-mer".
 
Elle n'est en effet pas nouvelle. Au début des années 2000, le débat sur l’obligation des visas pour les ressortissants des pays voisins des Antilles françaises faisait rage.
 
De Castries à Roseau en passant par Port-of-Spain et Bridgetown, les difficultés pour les ressortissants de ces îles à séjourner chez nous, pour des vacances ou pour faire du business, étaient pointées du doigt. Des doléances relayées également par des universitaires ou par des responsables politiques.
 
Les craintes fondées ou imaginaires face aux risques d’une arrivée massive de caribéens chez nous contribuaient aussi à les rendre plus âpres.
 
Dominiquais et Saint-Luciens n’avaient pas bonne presse. Le trafic de stupéfiants, les actes de délinquance qu'on leur prêtait étant autant de braises brandies pour enflammer ces débats.
 
Il y eu aussi des interventions de sénateurs ou de députés au Parlement.  Des visites ministérielles,  la tenue de conseils Interministériels  voire la signature d' accords bilatéraux.
 
Et finalement,  des dispenses de visa furent  accordées sous certaines conditions aux ressortissants de Sainte-Lucie et de la Dominique désireux de se rendre en Martinique ou en Guadeloupe.
 

Un Erasmus régional

 
Près de 20 ans après, la question reste donc d’actualité. On entend ça et là des universitaires, des acteurs économiques, et notamment dans le secteur touristique, se plaindre de l’impact négatif de la politique des visas sur le développement de leur business.
 
C’est dans ce contexte qu’il faut resituer la petite phrase prononcée mardi soir par la ministre des Outre-mer devant les ambassadeurs et les préfets.
 
Dans son discours sur la « coopération et l’intégration régionale des Outre-mer »  à l’occasion du « dîner des trois Océans », Annick Girardin s'est prononcée  en faveur de « visas Outre-mer ».
 
Reprenant l’idée d’un Erasmus régional, chère au député de Martinique Serge Letchimy*, pour faciliter les échanges universitaires, la ministre est allée plus loin : 
Je suis favorable à la création d’un « visa outre-mer » à destination des ressortissants des pays voisins.
Un tel visa outre-mer permettrait de mieux maîtriser les mouvements migratoires.

 
Un outil qui doit être mis en place pour faciliter un regroupement familial, une  formation professionnelle ou encore des déplacements à caractère économique, sanitaire et scientifique.

Des pistes déjà abordées par le passé. Mais jusqu’où ira la ministre quand on sait que la frilosité est souvent de mise dans ce domaine ?

En tout cas, elle ne précise par en quoi ce visa permettrait de mieux maîtriser les mouvements migratoires. Ni les modalités de sa mise en place, ni ses limites.

Elle en dira peut-être plus à l’occasion des prochaines Assises des Outre-mer qui feront une place à la coopération régionale, convaincue qu’elle est  qu’il s’agit là d’un des vecteurs essentiels pour transformer les outre-mer en territoires d’excellence et d’innovation.
 
(*) Lors de la cérémonie d'adhésion de la Martinique à l'OECS (en février 2015) Serge Letchimy avait proposé "la mise en place concertée d’un dispositif d’immersion de nos jeunes, non seulement linguistique mais aussi pédagogique au sein des familles et des lycées pour des durées suffisamment longues (on commencera par 15 jours) dans le cadre d’un ERASMUS Caraïbe que nous baptisons CESAIRUS, permettant à une centaine de jeunes aux cours des mois qui viennent d’intégrer leur environnement culturel et éducatif de proximité."
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