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Aimé Césaire aurait eu 104 ans

Aimé Césaire, poète et homme politique, est né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe. Ce lundi (26 juin 2017), celui quel'on surnommait le chantre de la négritude aurait eu 104 ans.
Par Karl Lorand
Par Karl Lorand
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Aimé Césaire
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Aimé Césaire

Figure majeure de l'histoire contemporaine de la Martinique, Aimé Césaire aurait eu 104 ans ce 26 juin 2017. Né à Basse-Pointe en 1913, il fût poète, auteur de pièce de théâtre,essayiste mais également maire de Fort-de-France et député de la Martinique.

De ses oeuvres on retiendra bien entendu Cahier d'un retour au pays natal (1938) pour la poésie ou encore la Tragédie du roi Christophe (1963) pour le théâtre.

Fortement engagé dès le milieu des années 1930, Césaire s'illustre par son écriture de combat. En septembre 1934, il fonde avec Léon Gontran Damas (Guyane), Guy Tirolien (Guadeloupe), Léopold Sédar Senghor et Birago Diop (Sénégal), la revue l'Etudiant Noir. C'est dans cette publication qu'apparaît pour la première fois le terme Négritude. Un concept dont il sera le visage avec Damas et Senghor. La Négritude est l'arme avec laquelle ces trois là veulent mettre à mal le système colonial français.

C'est dans cette dynamique que Césaire publie en 1950 le Discours sur le colonialisme. Ce texte sans concession taille en pièce l'histoire coloniale de la France, la renvoyant dos à dos avec le nazisme. Soutenu dans cette démarche par le Parti Communiste, Aimé Césaire qui est déjà maire de Fort-de-France et député de la Martinique depuis 1945, va rompre avec le parti. Dans sa célèbre "Lettre à Maurice Thorez" (1956), il rejette les méthodes de Staline.

Maire et député

Son engagement identitaire se couple à un engagement politique. En 1945, il devient député de la Martinique et maire de Fort-de-France. Persuadé que la départementalisation est la voie du salut pour une Martinique exsangue et miséreuse au sortir de la guerre, il obtient ce statut pour l'île en mars 1946. Il siégera sans discontinuer jusqu'en 1993 au Palais Bourbon.

À Fort-de-France, Aimé Césaire se retrouve confronté à l'exode rural qui touche la Martinique d'après-guerre. Les faubourgs du centre-ville accueillent les déshérités des campagnes dont Césaire ne peut qu'accompagner au mieux l'installation. Avec son adjoint de toujours, le docteur Pierre Aliker, ils oeuvrent à la mise en place de structures éducatives et culturelles dans la ville. Cette attitude lui vaudra le soutien des classes populaires tout au long de sa carrière de maire qui s'achèvera en 2001.

Retiré de la vie politique, sa voix continue de porter. En 2005, il refuse de recevoir Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur pour protester contre une loi visant à reconnaître les aspects positifs de la colonisation.

À son décès le 17 avril 2008, son oeuvre et sa carrière seront salués à travers le monde entier. Aimé Césaire fait l'objet de funérailles nationales. Des milliers de Martiniquais accompagnent sa dépouille à travers les rues de Fort-de-France jusqu'au stade de Dillon où seront célébrés ses obsèques en présence de Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac.

Depuis avril 2011 une plaque portant son nom est scellée dans la crypte du Panthéon à Paris. Son est quant à lui resté en Martinique conformément à sa volonté.

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