Nouveau procès pour la famille Jasmin

Une famille antillaise est jugée depuis hier en appel devant la cour d'appel de Versailles, accusée d'avoir profité de personnes en état de faiblesse sous couvert de pratiques religieuses.
Par Aline Druelle
Par Aline Druelle
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Une famille antillaise est jugée depuis hier en appel devant la cour d'appel de Versailles, accusée d'avoir profité de personnes en état de faiblesse sous couvert de pratiques religieuses.
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La famille Jasmin n'a pas souhaité faire de déclaration à la sortie de la salle d'audience (©AD)

La question qui s'était posée il y a deux ans  au tribunal correctionnel de Pontoise est toujours la même pour ce nouveau procès : Melitte et Hugues Jasmin, ainsi que leurs deux filles Véronique et Muriele ont-ils voulu s'enrichir en abusant des "fidèles" comme il les appellent -ou des "ex adeptes" comme les parties civiles se désignent- qui venaient au temple animiste qu'ils avaient installé dans leur pavillon de région parisienne ? Pendant de très nombreuses années, avant d'être mis en examen en 2009, le couple Jasmin et leurs deux filles organisaient ainsi des cérémonies dans leur maison de Marly-la-Ville.

En première instance en avril 2016, ils avaient été condamnés à des peines d'un an et demi à cinq ans de prison, assorties de sursis et de mises à l'épreuve. La famille avait aussi été condamnée à verser plusieurs centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts aux parties civiles et plusieurs de leurs biens immobiliers, dont une grande maison de Morne-à -'Eau, avaient été confisqués.

Au premier jour d'audience, c'est surtout la mère de famille qui s'est retrouvée à la barre, revendiquant son activité de "prêtresse", initiée en Haïti. "J'exerçais une profession libérale" a rétorqué Melitte Jasmin à la présidente du tribunal qui lui indiquait que "normalement, une association ne fait pas de bénéfices". "Comment croire que je pourrais faire souffrir un animal ? Ce sont des offrandes !", répond aussi la principale prévenue quand elle est interrogée sur les sacrifices de poulets, de coq ou de caprins lors de rites.

"C'est le même positionnement qu'ils ont depuis le début de l'information judiciaire", constatait un des avocats de la partie civile. Et d'ajouter : "Mes clients espèrent une confirmation de leur culpabilité et une indemnisation un peu plus conséquente que celle qui leur avait été accordée".

Les débats doivent s'achever mercredi.

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