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Sargasses : "jusqu'à présent, on était un peu dans l'improvisation"

Pour préparer un grand plan d'action contre les sargasses, une réunion du comité de pilotage s'est tenue à Paris ce jeudi, en présence des ministres des Outre-mer, de la Santé, de la Transition Ecologique et Solidaire ainsi que des représentants d'autres ministères comme l'Intérieur ou l'Economie. L'objectif de l'exécutif : se montrer mobilisé.
Par Aline Druelle
Par Aline Druelle
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Une réunion du comité de pilotage pour préparer un Plan Sargasses a eu lieu ce jeudi à Paris
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©AD

"Quand il y a une catastrophe, une marée noire, on sait réagir…là sur les sargasses il faut reconnaître que jusqu’à présent, on était un peu dans l’improvisation". Comme mercredi à l’Assemblée nationale, Nicolas Hulot n’a pas nié que le gouvernement n’avait pas su prendre la mesure de l’invasion des algues. A l’issue de la réunion du comité stratégique qui prépare un Plan Sargasses pour début juin, le ministre de la Transition Ecologique et Solidaire a tenu à assurer que si "tout le monde avait été un peu dépassé par une situation d’une telle intensité", le gouvernement voulait désormais agir concrètement et se coordonner. "Il faut qu’on mette en place des procédures, des plans d’action qui soient adaptés à ce phénomène qui pourrit la vie des antillais", a-t-il expliqué.

Ces mesures concernent notamment les assurances dont le système ne prévoit pas pour l’instant une telle situation, l’évaluation des dégâts, les moyens mis à disposition des collectivités. "Parce qu’il faut traiter les sargasses dans les 48h, notamment quand c’est à proximité des habitations, sinon c’est à partir de là que ça peut devenir nocif", précise Nicolas Hulot. L’option d’une utilisation de satellites pour alerter les communes de l’arrivée d’un échouage massif a par exemple été évoquée.

Face à ce "phénomène nouveau", la volonté de l’exécutif est aussi de financer la recherche pour trouver une solution pérenne. "Malheureusement, ce phénomène risque de se répéter donc il faut des plans d’actions pour anticiper et ne pas subir", a ajouté le ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, plutôt fataliste.

Des précédents gouvernements pas assez réactifs ?

De son côté, la ministre des Outre-mer, tout en assurant comprendre "le mécontentement" et "la colère" des élus et de la population locale, a tenu à assurer de la "mobilisation générale" mais aussi rappeler les aides déjà mises en place. "Les moyens mis en place financièrement sont le double de ce qui avait été mis jusqu’à aujourd’hui, c’est 3 millions d’euros disponibles et selon les besoins, nous mettrons des compléments", a ainsi déclaré Annick Girardin, égratignant au passage les précédents gouvernements. "Nous construisons l’avenir, avec des plans nationaux et territoriaux qui permettront de réagir immédiatement alors pourquoi on ne l’a pas fait avant ? Pourquoi on est obligés d’attendre une année où on est complètement submergés pour qu’enfin un gouvernement dise qu’il faut un plan d’action, jamais ça n’a été organisé !", a-t-elle ainsi dénoncé.

Un préfet coordinateur, nommé il y a quelques jours, doit se rendre sur place rapidement pour voir s'il faut renforcer les moyens, notamment face au risque sanitaire. Les ministres Annick Girardin et Nicolas Hulot ont aussi annoncé leur déplacement prochain aux Antilles, une fois le plan sargasse adopté. En attendant, les arbitrages sont en cours et d'autres réunions, avec des ministères impliqués supplémentaires, devraient se tenir.

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