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Présidentielle 2017 : "voter l'acceptable plutôt que l'inacceptable" (Euzhan Palcy)

Six jours après avoir reçu la plus haute distinction honorifique d’Afrique du Sud, l’Ordre de OR Tambo, Euzhan Palcy, la réalisatrice martiniquaise fait entendre sa voix avant le 2ème tour de la présidentielle. Elle conjure ses compatriotes d'aller voter, de ne pas se contenter d’un vote blanc et de préférer l’acceptable à l’inacceptable.
Par Jean-Philippe LUDON
Par Jean-Philippe LUDON
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Euzhan Palcy reçoit l'OR Tambo du président sud-africain Jacob Zuma
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Le président Jacob Zuma remet l'insigne de Grand Compagnon OR Tambo à Euzhan Palcy

Euzhan Palcy, la réalisatrice de Rue Case Nègres élevée au rang de « Grand compagnon de l’Ordre de OR Tambo »,  c’était  en Afrique du Sud, le 28 avril dernier lors du Freedom Day.


Euzhan Palcy a reçu cette distinction des mains du président sud-africain Jacob Zuma pour « son excellente contribution à la lutte de libération en exposant les injustices sociales sud-africaines à travers un film international qui a renforcé la révolution contre l’apartheid ».

Adapté du roman d’André Brink, Une saison blanche et sèche (a dry white saison), ce film avait été tourné en 1986 sous le régime d’apartheid. Nelson Mandela, qui avait créé avec Oliver Reginald (OR) Tambo, le premier cabinet d’avocat géré par des Noirs, était encore emprisonné sur l'île de Robben Island.


C’est du reste au peuple sud-africain en lutte contre l’apartheid, à André Brink et au docteur N'Tato Motlana, un médecin de Soweto, qu’Euzhan Palcy a voulu dédier sa décoration de Grand Compagnon dans l’ordre de OR Tambo. Elle l'expliquait d’ailleurs à la télévision sud africaine juste après la remise de cette distinction.

La réalisatrice de Rue Case-Nègres sait ce qu'elle doit au docteur Motlana. Il avait dû user de tous les subterfuges pour détourner l'attention des sbires du régime raciste de Prétoria pour la faire rentrer clandestinement dans la township de Soweto. C'est là, au contact de victimes de l'apartheid, qu'elle avait puisé des images et des récits pour son adaptation du roman d'André Brink.

Euzhan Palcy avec la fille et la veuve du docteur Motlana
Euzhan Palcy (centre) avec la veuve du docteur Motlana et sa fille © DR

 

Et c'est tout naturellement qu'elle s'est rendue le 30 avril 2017 au domicile de sa veuve. Sally Motlana fêtait ce jour là son 90ème anniversaire. Une rencontre émouvante.

L'occasion pour Euzhan Palcy de lui montrer sa récente distinction. Et pour Sally Motlana, de remercier la cinéaste martiniquaise et les Antillais pour le soutien international apporté aux Sud-Africains victimes du régime raciste de cette époque-là.

                      "Choisir l'acceptable plutôt que l'inacceptable"

C'est au nom du même engagement qu'Euzhan Palcy prend position aujourd'hui dans le débat du second tour de la présidentielle. Dans un entretien diffusé ce jour dans le "Grand Angle" sur RCI Martinique, la réalisatrice interpelle ses compatriotes antillais.

Au vu du score réalisé au 1er tour par la candidate du Front National, Euzhan Palcy considère qu'il faut aller voter et ne pas s'abstenir. Qu'il faut aussi ne pas voter blanc mais qu'entre l'inacceptable et l'acceptable, il faut choisir l'acceptable.

Selon elle, il ne faut pas se laisser abuser par le discours du Front National et de sa candidate.

"Ce vote va impacter beaucoup de choses, notre vie, la vie de nos enfants. Même si on est découragé, il ne faut pas se laisser aveugler et berner par des promesses qui sont pires encore. Car il s'agit avant tout de faire un barrage au Front National. Je pense très sincèrement que ce n'est pas Mme Le Pen qui va régler nos problèmes".

Elle se déclare peiner d'entendre des compatriotes, des Martiniquais et des Guadeloupéens, dire qu'ils ont voter Le Pen parce que l'on a "des problèmes internes avec les Haïtiens ou avec les Saint-Luciens ou avec les Dominiquais".

"Je me suis dit que la haine, la violence, le mépris de l'autre, ça on connaît. Notre Histoire est jalonnée de toutes ces violences, de toutes ces souffrances (...) On ne peut pas confier notre destin à Mme Le Pen (...).

@jpludonrci

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