Covid-19 : les professionnels du tourisme nautique confrontés aux nouvelles mesures

Par Lola-Jeanne Cloquell et Mélodie Mussig 04/04/2021 - 10:21
01/01/2020 - 00:00
Martinique

Face aux nouvelles restrictions décrétées par la préfecture jeudi dernier pour freiner l'épidémie de Covid-19 sur l'île, le monde du nautisme s'en trouve fortement impacté. En particulier, les excursionnistes ont pour la plupart annulé leurs prestations, vu la baisse de rentabilité de l'activité. Une épreuve pour ces professionnels, alors que la pêche n'est pas non plus fructueuse en ce moment.

    Covid-19 : les professionnels du tourisme nautique confrontés aux nouvelles mesures

Des mesures sanitaires restrictives

Afin de freiner la pandémie de Covid 19 repartie à la hausse en Martinique, les règles sanitaires ont été renforcées par les autorités depuis ce jeudi. Et lors de son allocution, le préfet a particulièrement insisté sur les mesures relatives au nautisme. L'objectif est le même qu'à terre : éviter les rassemblements, et notamment les festivités en grand nombre.

L'Etat a donc insisté sur l'interdiction des regroupements de bateaux et le respect de nouvelles règles soumises à des contrôles fréquents. De façon générale, les embarcations de plaisanciers ne peuvent embarquer que six personnes à bord. Les navires enregistrés en NUC (navires de plaisance à utilisation commerciale) ou en transport de passagers peuvent accueillir leurs clients selon la taille de l'embarcation, et un plan sanitaire préalablement déposé aux affaires maritimes.

Enfin, il est désormais interdit de servir des repas à bord. Une contrainte qui freine également l'activité des excursionnistes.

Perte de rentabilité des excursions

Jordan Retory est l’un des plus jeunes professionnels sur le port de plaisance du François. Il est d'abord pêcheur et son embarcation est aussi homologuée en NUC. Ses excursions en mer ont drastiquement diminué voire sont au point mort, non seulement à cause des restrictions sanitaires qui limitent le nombre de passagers sur bateau à six, mais également parce qu'il n'est plus autorisé à proposer des repas et collations habituellement inclus dans ses forfaits. A cela s'ajoute la hausse du prix du carburant, qui ne rend diminue fortement la rentabilité de sorties en mer à bord de son bateau à deux moteurs. C'est ce qu'indique le capitaine :

Ce n'est vraiment pas rentable pour nous : ce n'est pas la peine d'aller faire du carburant pour 6 personnes seulement. Et en plus, on ne peut pas servir de repas. Donc on a préféré tout annuler ce week-end

Un repli sur la pêche, pourtant elle aussi impactée

La plupart des professionnels de la baie du François sont des pêcheurs, ils sont donc contraints de se replier sur cette activité pour gagner leur vie.

Nasses
Casiers sur le port de pêche du François ©MM / RCI Martinique

C'est le cas de Patrick Lupon, qui s'est aussi investi dans le pescatourisme, et propose des excursions en bateau pour emmener les plus curieux découvrir ses nasses. Mais depuis le début de la crise, la situation est compliquée, à la fois pour son activité de pescatourisme puisqu’il n’y a pas de touristes, et également pour la pêche puisqu’avec les forts courants, une pénurie de poissons est constatée autour de l'île. Une double-peine donc pour ce professionnel de la mer : 

Je ne fais plus que de la pêche depuis un mois, et les revenus ont diminué de 50%. Aujourd'hui la pêche est très difficile : il y a beaucoup de courant et on prend moins de poisson qu'avant. On a des aides, mais on nous demande tellement de papiers, c'est très compliqué

Alors si la passion de la pêche est toujours présente, la nécessaire adaptation à cette situation compliquée reste un défi de taille pour les professionnels, en attendant la fin des restrictions prévue au 19 avril prochain.

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