France-Antilles : une troisième offre et beaucoup d'inconnues

Par • Mis à jour le 19/09/2019 - 06:39

L'équation qui doit permettre de sauver France-Antilles contient encore beaucoup d'inconnues. Une troisième offre a été soumise à l'administrateur judiciaire mais elle prévoit un plan social drastique.

    France-Antilles : une troisième offre et beaucoup d'inconnues

Deux ans après ce qui avait été présenté comme un nouveau départ pour le journal, sa direction a du très vite se placer sous la protection du tribunal de commerce pour éviter de perdre encore de l’argent. Il faut dire que chaque mois le déficit se creuse de 400 000 euros alors que le nouvel actionnaire avait déjà mis sur la table pas moins de 17 millions  d’euros :

Une opération qui est vécue comme un quasi échec couplée à des erreurs de stratégie dont on se plaint en interne. Des erreurs qui ont réduit toute chance de développement du journal.

Du coup, la situation financière du journal et même sa structuration actuelle ont fait fuir les repreneurs. Ils ont été pourtant nombreux à manifester un intérêt avant d’abandonner. À ce stade, l’administrateur judiciaire a reçu deux offres pour la radio et une autre -très récemment- pour l’ensemble des activités. Une offre qui a effrayé le personnel puisque le plan social qu’elle prévoit est assez lourd. Il s'agirait de travailler avec une quarantaine de salariés sur les 270 que compte le groupe.

C’est pour cette raison que l’actionnaire principal et même l’administrateur judiciaire privilégient un plan de continuation avec un soutien un financier qui pourrait l’accompagner dans ce plan. Un plan qui se chiffre à un montant compris entre 10 et 12 millions d’euros à minima.

Quel modèle économique ? 

C'est la question récurrente qui se pose à la presse papier depuis l'avènement d'internet. À France-Antilles, si l'on veut que le journal survive, il faudra corriger les erreurs économiques commises ces deux dernières années.  Notamment celle d’un choix technique d’une imprimerie qui a coûté cher et qui a fait perdre beaucoup d’argent au journal.

Le matériel a souvent été en panne, privant les lecteurs de leur quotidien mais aussi coupant court aux projets de diversification de l'appareil productif. Une situation préoccupante qui a empiré après le choix de réduire sur le tirage des journaux. 

Pour l’avenir, c’est encore le flou. Deux scénarios s'opposent : maintenir les 6 numéros du journal de la semaine ou imprimer  trois numéros seulement par semaine et priver la Martinique d'un quotidien.

Enfin, il faudra définir le positionnement d’une nouvelle imprimerie. Une de qualité cette fois qui puisse à la fois tourner pour le journal et pour d’autres supports. Il s'agit d'aller chercher le marché des prospectus par exemple même de plus en plus d'annonceurs se dirigent vers la diminution de l'usage du papier. Cette solution donnerait de l’activité à la rotative et générerait des revenus externes.

Il faudra ensuite, dans le cas où l’imprimerie est positionnée en Martinique ou en Guadeloupe, acheminer les journaux vers Fort de France ou Ponte à Pitre. Une option coûteuse. Les projections faites avec les deux compagnies aériennes restaient hors de prix aux dernières nouvelles.

Quant à l’aide publique sur laquelle il faudra désormais s’appuyer, son montant reposera sur les conclusions de la mission dépêchée chez nous la semaine dernière par le ministère de la culture. Toutes ces pistes sont désormais sur la table pour sauver le journal et ses 270 salariés. Tout cela dans indifférence quasi générale.

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