La reprise de la Coopémar se fait dans la douleur

Par 03/08/2016 - 17:54 • Mis à jour le 03/08/2016 - 17:54

La décision du tribunal de commerce prise le 5 juillet 2016 d'attribuer à l'entreprise Maxxi'Pêch' la reprise de la coopérative des marins pêcheurs de Martinique n'est toujours pas acceptée de tous. Les marins pêcheurs du François refusent par exemple que le pétrolier Total approvisionne les pompes franciscaines de l'ancienne Coopémar. D'autant plus que ces derniers ont créé leur propre coopérative.

    La reprise de la Coopémar se fait dans la douleur
Les marins-pêcheurs du François ne sont pas encore rentrés dans les filets de Maxxi'Pêch. C'est cette société qui associe Eric Coppet dirigeant de Marin Pêche filialle de Servichef (groupe Monplaisir), Gilles Wan Ajouhu, dirigeant de Maximarine (spécialiste de la vente de moteur et d'accastillage) et de Itsuya Mangattale, un aquaculteur, qui a été désignée pour reprendre la défunte coopérative.

Les Franciscains font part depuis le jugement de leur volonté de monter une nouvelle coopérative. Leur résistance va jusqu'au blocage du port de pêche de la commune. "Il est judicieux qu'il y ait une structure coopérative afin de garantir aux professionnels du matériel à moindre coût. Il faut comprendre aussi que du carburant avait été livré: c'est faux. C'est du carburant taxé qui a été livré. Il n'y a aucun carburant pour les marins-pêcheurs. Nous n'avons pas de glace non plus. Notre objectif c'est que l'autorisation d'occupation de territoire (AOT) revienne à une coopérative qui appartient aux marins-pêcheurs", explique Eustache Rools, le président de la coopérative maritime du François.

Dans cette démarche, les Franciscains ont l'appui du pétrolier Rubis, le propriétaire des cuves à carburant des 7 ports de pêche de Martinique. Ces sites gérés par la défunte Coopémar devraient normalement revenir à Maxxi'Pêch dont le projet de reprise est soutenu par le pétrolier Total.

"Nous avons mis en place un blocage car aucune AOT n'a été délivrée à Maxxi'Pêch", précise Eustache Rools. C'est la Collectivité Territoriale de Martinique qui a l'autorité pour accorder ces autorisations.

Concernant le carburant, deux solutions sont mises sur la table par le pétrolier Rubis. Soit Total lui rachète l'intégralité des cuves, soit le pétrolier français paye un loyer.

Karl Lorand et Jean-Marc Pulvar