Les restaurateurs pris dans la spirale infernale des restrictions

Par 08/12/2021 - 08:21 • Mis à jour le 08/12/2021 - 08:17

Les restaurateurs de Martinique doivent désormais composer avec un nouveau couvre-feu. La profession est soumise à rude épreuve depuis bientôt deux ans.

    Les restaurateurs pris dans la spirale infernale des restrictions
©RCI Martinique

Après 15 jours de couvre-feu sécuritaire à 19 heures, la préfecture de Martinique a maintenu un couvre feu pour des raisons sanitaires tout en repoussant son entrée en vigueur à 20 heures. Une limite instaurée avant les évènements du mois de novembre. Néanmoins la dérogation pour les ERP n'a pas été reconduite. Ces derniers avaient la possibilité d'accueillir des clients jusqu'à 22 heures.

Un coup dur une fois encore pour les secteurs concernés, et notamment la restauration. 

Les professionnels doivent à nouveau s'adapter à ces nouvelles restrictions. Une souplesse de plus en plus difficile à conserver malgré le maintien de l'état d'urgence sanitaire en Martinique.

La mesure permet de maintenir des aides pour le chômage partiel, mais les charges fixes deviennent de plus en plus difficiles à payer. Certains entrepreneurs craignent le dépôt de bilan.

C'est le constat que dresse Stéphane Magin, le président de l'association des restaurateurs de Martinique.

À chaque fermeture ou à chaque restriction, nous mettons nos gens au chômage [partiel, ndlr]. Cela permet de maintenir le pouvoir d'achat des salariés, de maintenir l'emploi et évite les dépôts de bilan. Mais il faut se mettre à la place de nos employés qui d'une semaine sur l'autre doivent changer leurs horaires, leurs habitudes d'une semaine sur l'autre. Plus rien n'est stable

L'instabilité récurrente provoque aussi une désaffection pour le secteur. "Ce climat anxiogène fait que la corporation souffre. Elle n'attire plus des personnes pour venir saisir ces emplois qu'on aurait besoin de créer", analyse Stéphane Magin.

En plus du chômage partiel, les restaurateurs sont aussi dans l'attente du versement du fond de solidarité. Cette aide permet de payer les frais fixes de ces entreprises. Une attente qui dure. 

Le versement correspondant au mois d'octobre a à peine été signé la semaine dernière. Ceux des mois de novembre et de décembre n'ont pas encore été rédigés. Les professionnels sont donc encore loin de voir arriver cette précieuse aide dans leurs caisses.

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