Pénurie de personnel dans l’hôtellerie et la restauration

Par 05/12/2022 - 15:52 • Mis à jour le 05/12/2022 - 15:47

Ce lundi 5 décembre, la Chambre d’industrie et de commerce a lancé deux jours de conférences et d’atelier avec les professionnels de la l’hôtellerie et de la restauration afin de trouver des solutions à la pénurie de personnel que rencontre ces secteurs.

    Pénurie de personnel dans l’hôtellerie et la restauration
Image d'illustration

Il s’agit d’une problématique qui touche de plein fouet la Martinique depuis la crise sanitaire liée au covid-19. En effet, depuis cette période, les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration rencontrent des difficultés à recruter du personnel.

Difficile de recruter

Depuis 2020, en Martinique, on estime que 50% des salariés de l’hôtellerie et restauration ne sont pas retournés à leur poste en Martinique. Afin de trouver des solutions, la Chambre d’industrie et de commerce a lancé deux jours de conférences et d’ateliers avec les professionnels.

En distanciel ou en présentiel, une trentaine de professionnels prennent part à ces conférences.

Roxanne est co-gérante d’un nouveau restaurant à Fort-de-France et elle est déjà confrontée à cette problématique :

On a ouvert depuis deux mois, mais déjà sur deux mois, on le voit dans notre masse salariale, dans nos contacts avec notre RH et la difficulté de trouver du personnel qualifié et passionné. C'est là que c'est difficile. On a déjà travaillé sur une rémunération plus juste et on essaye justement de mettre en place des choses pour les rémunérer différemment que financièrement.

Des solutions à creuser

Rémunérer autrement les salariés de l’hôtellerie et la restauration apparaît comme l’une des solutions à creuser. Bernard Boutboul est président de Gira conseil, un cabinet considéré comme une référence en matière de conseil aux entreprises de l'industrie de la restauration hors domicile et de l'alimentation. Il a été sollicité par la CCI de Martinique :

Il va falloir qu'on recrute de nouveaux profils dans les salles de restaurant, par exemple des étudiants, des parents au foyer, des retraités. Ça surprend les restaurateurs, mais ce sont des gens qui sont prêts à travailler quelques heures dans la semaine. À propos de ces quelques heures, il faut qu'on recrute sur du temps choisi et non pas sur du temps imposé. Rémunérer aussi, non pas plus, mais avoir une rémunération évolutive.

Selon cet expert, il faudrait s’inspirer de ce qui se fait à l’étranger :

Dans beaucoup de pays dans le monde, c'est le consommateur qui décide s’il donne un peu plus à la fin de son repas sur l'addition. Sauf en France, puisque le service est compris et c'est une grave erreur. Parce que, que je fasse bien ou pas mon boulot, j'ai le même salaire à la fin du mois et ça ce n'est pas normal dans un métier de service.

Au niveau national, selon le ministère du Travail, 237 000 salariés auraient déserté le secteur entre février 2020 et février 2021. À ce jour, plus de 100 000 offres d’emploi sont disponibles, mais ne trouvent pas preneurs. Les raisons évoquées sont la pénibilité du travail, mais aussi les horaires contraignants, sans oublier la rémunération.

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