Réseau Mozaïk : les co-traitants et les sous-traitants dans une posture d'observation

Par • Mis à jour le 31/12/2019 - 06:26

La résiliation annoncée de la délégation de service public attribuée à la CFTU et au groupement momentané d'entreprise aiguise les appétits mais attise aussi les craintes des acteurs du secteur.

    Réseau Mozaïk : les co-traitants et les sous-traitants dans une posture d'observation

L'avenir du transport sur le territoire de la Cacem soulève un nombre d'interrogation croissant. Si les salariés de la CFTU sont mobilisés depuis 14 jours pour exiger des garanties sur la reprise de l'ensemble de l'emploi ont les leurs, les autres acteurs du réseau Mozaïk que sont les co-traitants et les sous-traitants se posent aussi des questions sur la forme que prendra l'organisation du transport sur le centre.Pour l'heure, ces professionnels du transport de passagers adoptent la posture d'observateurs.

Qu'il s'agisse des chefs d'entreprises, des chauffeurs ou des organisations syndicales, tous regardent avec attention l'évolution du rapport de force entre les salariés de la CFTU et Martinique Transport.

Charges lourdes et incertitudes

Si certains voient d'un bon oeil le retrait de la CFTU et le passage un marché sous forme de lots, d'autres professionnels grincent des dents. Ils estiment que la vétusté de leurs bus ne leur permettra pas d'être en mesure de répondre aux éventuels appels d'offres.

D'autant plus que la mobilisation de moyens d'investissement d'ici le mois d'août ressemble à une mission impossible. Avec ses lourdes charges de fonctionnement et d'entretien, le transport de passager n'a pas forcément la cote auprès niveau des investisseurs et des banques. La puissance publique pourrait offrir une voie de secours à ce niveau mais il n'y a aucune garantie que Martinique Transport achète des bus et les mettent à disposition en dehors d'une Délégation de Service Public.

Des disparités qui pèsent

Outre les 61 lignes de transports qui doivent être desservies, des zones de flou entourent d'autres postes de dépense. 

Par exemple, qui aura la charge des contrôleurs et autres médiateurs qui assurent le contrôle de la bonne marche du réseau et du comportement des usagers. Jusqu'à présent c'est la CFTU qui assurait seule cette activité. La structure qui devrait abriter les contrôleurs du réseau autant pour les chauffeurs que pour les usagers n'a pas encore été définie. 

Deux possibilités se profilent : un EPCI géré par Martinique Transport ou un GIE qui regrouperait les transporteurs qui souhaiteront prendre part à cette entité. Mais dans les deux cas de deux figures, il faudra évoquer un élément crucial, les acquis sociaux, notamment les salaires. Il existe actuellement une disparité entre les chauffeurs de la cftu et ceux des co et sous traitants. C'est d'ailleurs cette disparité qui avait conduit la CSTM a mené une grève longue de 47 jours en 2013. Les chauffeurs des entreprises du réseau réclamaient un alignement sur la grille des salaires de la CFTU et à terme une unité économique unique...

La rémunération des entreprises participantes au prochain marché devra également être étudiée. Pour l'heure, outre la participation de Martinique transport de 53 millions d'euros versée à la CFTU et répartie entre toutes les entités du réseau, deux systèmes de rémunération existent. La CFTU et les quatre co-traitants récupèrent les fonds issue de la vente des billets pour compenser le delta entre le financement public et le coût réel d'exploitation du réseau. En revanche, les sous-traitants sont rémunérés aux kilomètres parcourus, une solution bien moins intéressante. Ce système à deux vitesses avait d'ailleurs généré des crispations sur le réseau ces dernières années.

Vers un regroupement ?

Martinique Transport a également la possibilité de nommer une société en tant que SEM qui ferait l'intégralité du travail. Sur le territoire martiniquais, la seule entreprise correspondant à ce profil est la CFTU.

Des discussions sont en cours entre quelques professionnels du secteur pour mettre en place un groupement équivalent suffisamment fort pour répondre à la reprise. Des acteurs du dossier s'en disent capable, avec près de 15 ans d'expérience sur le réseau du centre. Une option qui ne serait réalisable qu'avec le soutien de Martinique transport.

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