Université des Antilles : mouvement de grève suspendu mais tensions toujours vives en Martinique

Par 18/03/2021 - 19:09 • Mis à jour le 18/03/2021 - 18:05

Suite à l'assemblée générale qui s'est tenue aujourd'hui (jeudi 18 mars) sur le pôle Martinique de l'université des Antilles, les syndicats ont décidé de suspendre le mouvement de grève sur l'île. L'objectif est désormais de mettre en place une expertise juridique sur les situations de souffrance au travail au sein du pôle Martinique. En Guadeloupe, une nouvelle journée de grève est prévue la semaine prochaine.

    Université des Antilles : mouvement de grève suspendu mais tensions toujours vives en Martinique

Une audience au rectorat et une déception toujours vive

Le torchon brûle toujours entre une partie des syndicats de l’université des Antilles et la présidence.

Le devenir de cette instance était au cœur des discussions aujourd'hui sur les pôles respectifs de Martinique et de Guadeloupe. Les syndicats avaient en effet appelé enseignants et étudiants à la mobilisation ce jeudi et à participer à une assemblée générale en début d’après-midi.

C’est d’abord devant le rectorat de l’académie de Martinique à Schoelcher ce matin qu’une délégation s’est rendue afin de rencontrer un représentant du rectorat. Bien que leurs revendications aient été transmises au ministère, les manifestants réclament dors et déjà un autre rendez-vous avec le recteur cette fois, comme l'indique Frédéric Vigouroux, co-secrétaire académique du SNASUB FSU :

Depuis de nombreux mois, la légalité n'est plus réelle au sein de notre université, donc on aimerait que le recteur fasse quelque chose et qu'il exerce ses capacités de contrôle. Le ministère est alerté depuis de nombreuses années, mais il ne fait rien. Or là, la situation devient de plus en plus dramatique : on a des collègues qui souffrent

Les syndicats regrettent de ne pas parvenir à obtenir jusqu’ici un entretien avec le président de l’UA malgré moult demandes. Ces derniers souhaitent notamment faire le point sur l’accréditation de l’offre de formation du pôle Martinique, comme l'explique le co-secrétaire académique du SNASUB FSU :

Les financements ne correspondent pas à la réalité des besoins. Lors de la dernière de formation, des diplômes qui avaient déjà eu de nombreux pré-inscrits sur Parcoursup ont été arbitrairement supprimés par la présidence qui a refusé que ce soit remonté au ministère

Une quinzaine d’autres points ont d'ailleurs été listés dont celui du réexamen des statuts par le conseil d’administration. Les manifestants dénoncent un déséquilibre fonctionnel entre les deux pôles, conséquence directe de la gouvernance menée par la gouvernance d’Eustase Janky.

Se concentrer sur la souffrance du personnel et une attaque en justice

Et c'est bien la souffrance au travail qui était au centre des préoccupations, comme l'indique Michel Tondellier, secrétaire départemental SNESUP-FSU et maître de conférence à l'université des Antilles :

On a jugé préférable de reconstituer un peu nos forces et de nous focaliser sur une manière de protéger davantage nos collègues, qui est celle d'attaquer en justice, en tribunal administratif, les errements de cette gouvernance

Pour s'y consacrer, le mouvement n'est pas reconduit en Martinique. L'objectif est désormais de mettre en place une expertise juridique sur les situations de souffrance au travail au sein du pôle Martinique. Une unité syndicale s'est ainsi créée pour reconnaître la souffrance au travail présente dans les pôles des deux îles.

Toutefois, un autre jour de grève est prévu en Guadeloupe la semaine prochaine.

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