"Un jour sur deux on saisit une arme en Martinique"

Par 30/06/2022 - 13:05 • Mis à jour le 30/06/2022 - 13:03

Les services de l'Etat ont procédé à la destruction de 692 armes ce jeudi matin sur la zone portuaire de Fort-de-France. Le préfet, le parquet et les forces de l'ordre en ont profité pour rappeler les actions en cours contre la prolifération des armes à feu en Martinique.

    "Un jour sur deux on saisit une arme en Martinique"

Une à une les armes sont coupées en plusieurs morceaux par une pince hydraulique. Les ouvriers de Métaldom, les policiers et les gendarmes en ont pour de longues heures. En effet, ces trois dernières années, la police, la gendarmerie et la douane ont collecté 692 armes sur le territoire Martiniquais.

La grande majorité, 503, des pistolets et fusils détruits ont été saisis par les forces de l'ordre. 90 proviennent des opérations déposez les armes et 99 de dépôts spontanés.

Les saisies justement sont en hausse depuis le début de l'année 2022. C'est le constat que dresse Stanislas Cazelles, préfet de Martinique.

Depuis le 1er janvier, nous avons saisi 142 armes à feu. C'est près de 25% de plus qu'au premier semestre 2021

Des chiffres confirmés par la gendarmerie de Martinique. Le général William Vaquette, commandant de la gendarmerie sur l'île.

Je constate depuis quelques mois qu'on avait tendance à saisir une arme tous les trois jours, maintenant c'est tous les deux jours. Une grande partie de la population qui se sent en insécurité qui acquiert des armes légalement et illégalement pour se protéger. Et puis il y a une partie qui sont des grands criminels et qui font qu'on a 13 assassinats depuis le début de l'année

Des armes qui proviennent pour beaucoup de Russie après avoir transité par le Vénézuéla. Les forces de l'ordre notent également la présence sur le territoire de pistolets automatiques américains de type Glock ou encore d'armes de fabrication Brésilienne.

armes trafiquées

Ces pistolets et autres fusils mitrailleurs suivent pour beaucoup les chemins du trafic de stupéfiants.

Clarisse Taron, procureure de la République de Fort-de-France :

Il y a effectivement des armes trafiquées, bricolées, des armes d'alarme qui deviennent des armes létales. Il y a d'autres armes qui rentrent sur le territoire dans des filières similaires à celles des stupéfiants ou de l'immigration illégale

Les enquêtes pour démanteler ces réseaux d'importation d'armes se déroulent à l’échelon international avec les autres pays de la Caraïbe.

"C'est parfois long mais cela aboutit au résultat qu'on voit aujourd'hui", note Clarisse Taron.

Le parquet est inquiet de cette circulation des armes. Nous avons eu 13 meurtres depuis le début de l'année et de nombreux vols à main armée et des tentatives d'homicide qui sont le fait de personnes qui utilisent les armes à feu

La cheffe du parquet assure néanmoins que la Justice fait preuve d'une sévérité réelle à l'encontre des porteurs d'armes à feu.

Tout possesseur illégal d'arme est présenté devant le tribunal correctionnel par le biais de la comparution immédiate ce qui nous assure un jugement rapide. En novembre dernier, une personne arrêté en possession d'armes de guerre a été condamné à 3 ans ferme et est partie en détention pour trois ans le lendemain de son arrestation

Pour Stanislas Cazelles, outre la réponse judiciaire, il existe aussi une réponse préventive.

Nous avons relancé tous les dispositifs de prévention, notamment au niveau de contrôle de la vente des armes. Nous irons plus loin sur la restriction de l'usage des pistolets d'alarme. Nous allons aussi relancer les contrats locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) au niveau des communes

Par ailleurs, la préfecture entend sévir contre les débits de boisson où sont utilisés les armes à feu. Le Mokaï par exemple, où eu lieu un homicide au mois de juin, fait l'objet d'une fermeture administrative de 6 mois. "Il s'agit de responsabiliser les propriétaires pour qui on le sait la tâche du contrôle des entrées est parfois difficile", a prévenu le préfet.

De plus, un radar de surveillance des côtes devrait être opérationnel en Martinique d'ici la fin de l'année 2023. Quant aux policiers du raid, promis en mars dernier par le gouvernement, leur déploiement débutera en septembre prochain.

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